Nouvelles manifestations en France - Villepin invite les syndicats à discuter
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Photo: Agence Reuters
Dans la capitale, des dizaines de casseurs ont violemment affronté pendant une heure la police antiémeutes non loin des bureaux du premier ministre et du ministère des Affaires étrangères, sur la place des Invalides. Des voitures ont été brûlées alors que des policiers chargeaient les casseurs qui les bombardaient de pierres et de bouteilles. Plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées.
Les heurts ont éclaté au moment de la dispersion d'un cortège qui a ressemblé entre 23 000 et 50 000 manifestants, selon les sources, contre le contrat première embauche (CPE). Les jeunes manifestants, dont certains ont été agressés, ont expliqué n'avoir rien à voir avec les casseurs.
Des heurts ont aussi éclaté, pour la première fois, dans les deux principales villes de province, Marseille et Lyon. Des incidents violents ont aussi été signalés à Rennes et dans quelques villes de la banlieue parisienne, touchée par des émeutes sans précédent en novembre.
Au total, entre 220 000 et 450 000 personnes ont manifesté dans tout le pays, selon la police. Jeudi dernier, les manifestations de jeunes avaient rassemblé entre 247 000 et 500 000 participants.
Dominique de Villepin, dont l'intransigeance suscite des inquiétudes jusque dans son propre camp, a fait une première ouverture en proposant aux syndicats une rencontre «sur un ordre du jour nullement limitatif» et «le plus rapidement possible» aux cinq grands syndicats du pays. Les étudiants ont aussi été invités à rencontrer le premier ministre.
Tout en acceptant de voir M. de Villepin dès aujourd'hui, les syndicats ont réaffirmé leur exigence d'un retrait du contrat-jeunes, ce qu'a toujours refusé le gouvernement jusque-là. Ils maintiennent leur appel à des manifestations et des grèves le 28 mars, qui pourraient paralyser le pays.
Inquiets face à une crise «extrêmement grave», les présidents d'université ont demandé à rencontrer le président Jacques Chirac, resté silencieux ces derniers jours. Lancée dans les universités, la fronde s'est étendue depuis près de deux semaines aux lycées et menace désormais de rallumer la colère des banlieues défavorisées, secouées par des émeutes en novembre.
Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, grand rival à droite de M. de Villepin dans la course à la présidentielle de 2007, a tiré la sonnette d'alarme: il existe, selon lui, «un danger que cette effervescence lycéenne et étudiante réveille l'agitation dans les banlieues qui restent toujours extrêmement tendues».
Face aux dissensions de plus en plus visibles au sein même du gouvernement, «Chirac pousse Villepin à négocier», écrivait hier le journal Le Parisien, qui citait une source gouvernementale affirmant que «si cela ne bouge pas très vite, le premier ministre va sauter».
Déjà adopté par le Parlement, le CPE est réservé aux moins de 26 ans et permet à un employeur de licencier pendant deux ans sans justification. M. de Villepin en a fait un élément essentiel de son dispositif de lutte contre le chômage mais ses opposants l'accusent d'aggraver ainsi la précarité.

