Moscou - Nicolas Vanier boucle son «odyssée sibérienne»

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AP
Édition du lundi 20 mars 2006

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L'aventurier Nicolas Vanier caresse un de ses chiens de traîneau à son arrivée sur la place Rouge, à Moscou.

Photo: Agence Reuters

Moscou -- Nicolas Vanier boucle son «odyssée sibérienne». Parti le 2 décembre du lac Baïkal, l'aventurier a rallié hier en fin de journée la place Rouge à Moscou après avoir parcouru plus de 8000 km à travers la Russie avec ses dix chiens de traîneau.

Sous une fine neige, chapka sur la tête, Nicolas Vanier a été accueilli par près de 200 personnes, dont une vingtaine de membres de sa famille, l'ambassadeur de France en Russie et des représentants des gouvernements des régions traversées pendant l'expédition.

«C'était une journée très très stressante avec l'arrivée dans Moscou mais une fabuleuse arrivée sous la neige, au milieu de la place Rouge, a déclaré Nicolas Vanier à l'Associated Press. C'est unique, trop court.» L'explorateur français s'est déclaré «usé par ce grand voyage» qu'il a refusé de qualifier d'exploit, et dont le sens était d'«essayer d'oeuvrer face aux problèmes grandissants» de la nature. Pour Nicolas Vanier, ce sont ses dix chiens qui «ont réalisé un exploit».

Mais après 30 ans de grandes expéditions, Nicolas Vanier a confirmé que cette odyssée sibérienne était la dernière aventure et qu'il allait consacrer la «seconde partie de sa vie à rendre à la nature» les bonheurs qu'elle lui a procurés.

«Je tenais à vous féliciter au nom de tous nos compatriotes de l'exploit que vous venez d'accomplir. Votre courage et votre détermination vous ont permis de surmonter ce défi», a salué le président Jacques Chirac dans un message adressé à Nicolas Vanier et lu par l'ambassadeur de France en Russie à son arrivée.

«Au-delà de votre performance sportive remarquable, vous êtes l'exemple d'une relation renouvelée à la nature et d'une esprit pionnier retrouvé», a estimé le chef de l'État, qui recevra l'aventurier dès son retour à Paris, selon l'Élysée.

Familier du Grand Nord

Âgé de 44 ans, Nicolas Vanier a parcouru entre 80 à 100 km par jour de montagne, de taïga et de toundra, dans le froid sibérien (-50 à -60 degrés) avec l'objectif de sensibiliser au réchauffement climatique et ses conséquences sur cette partie de la planète.

L'équipe homme-chiens a évolué sur une piste éphémère tracée une semaine avant son passage par des Sibériens, trappeurs, éleveurs de rennes menés par une équipe franco-russe qui s'est relayée d'un village à l'autre, d'un campement à un autre depuis Irkoutsk jusqu'à Moscou.

Familier du Grand Nord, Nicolas Vanier a traversé à pied la Laponie à l'âge de 20 ans, mais aussi l'intégralité de la Sibérie (Transsibérie en 1990/1991). Conscient de la fragilité des univers qu'il a connus, il a réalisé plusieurs films notamment sur les expéditions réalisées en famille: L'Enfant des neiges ou Le Dernier Trappeur. L'odysée sibérienne doit également donner naissance à un livre pour enfants ainsi qu'à un long métrage relatant l'expédition.


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