L'Europe se ferme

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Gil Courtemanche
Édition du samedi 18 et du dimanche 19 mars 2006

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Amsterdam -- Ma première visite à Amsterdam remonte au début des années 1980. Une partie de l'Europe s'opposait à l'installation de missiles américains en Allemagne. De grandes marches de protestation se tenaient à Berlin-Ouest, à Londres, à Paris. Mais c'est à Amsterdam que cette campagne pacifiste connut son apogée: 500 000 personnes, avec en tête des militaires en uniforme, puis des représentants des Églises et des syndicats, paralysèrent la petite ville étroite durant huit heures. Durant la marche, on m'avait expliqué les caractéristiques de la société néerlandaise. Une société besogneuse, certes, conservatrice en apparence mais fortement tolérante, respectueuse des différences. Déjà, le «pot» se fumait allègrement, l'homosexualité s'affichait, les minorités visibles faisaient partie du paysage comme les canaux et les moulins à vent. On accueillait l'étranger sans poser de questions.

















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