Encore divisé, le Conseil de sécurité se réunit sur l'Iran
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New York -- Le Conseil de sécurité de l'ONU tenait hier après-midi sa première réunion plénière sur le nucléaire iranien depuis qu'il a été saisi du dossier mais ne devait pas adopter de texte en raison de la persistance de désaccords parmi ses 15 membres.
Ils tentent de s'entendre sur les termes d'un texte, rédigé par la France et le Royaume-Uni avec l'appui des États-Unis, qui doit constituer la première étape d'une réponse graduelle du Conseil de sécurité au problème posé par les ambitions nucléaires iraniennes.
Ce texte appelle l'Iran à se conformer aux demandes de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et à suspendre toutes ses activités liées à l'enrichissement d'uranium, élément qualifié d'essentiel pour «établir un climat de confiance» et «répondre aux préoccupations de la communauté internationale» au sujet des aspirations du pays au nucléaire.
Il demande également à Téhéran de réexaminer le projet de construction d'un réacteur nucléaire de recherche à eau lourde et de reprendre l'application du protocole additionnel du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), qui permet des contrôles inopinés et poussés des sites nucléaires d'un pays par les experts de l'AIEA.
Le projet de texte demande au directeur général de l'AIEA, Mohamed el-Baradeï, de rendre compte de l'application par l'Iran de ces demandes dans
un délai de 14 jours. Ce délai constitue un des points de désaccord. «Tout le monde trouve que c'est trop court, a affirmé jeudi l'ambassadeur de la Chine à l'ONU, Wang Guangya. Ils parlent maintenant d'allonger ce délai.»
Hier, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé que ce délai n'était «pas applicable». Dans une entrevue au Financial Times, M. Lavrov a dressé un «parallèle» avec la précipitation manifestée selon lui par les États-Unis et la Grande-Bretagne en Irak en 2003 avant que les inspecteurs de l'ONU n'aient achevé leur travail d'enquête sur la présence d'armes de destruction massive.
Selon une source proche du Conseil de sécurité, le délai de 14 jours pourrait être allongé, mais les Occidentaux ne souhaitent pas aller au-delà d'un mois.
Par ailleurs, les cinq membres permanents du Conseil dotés du droit de veto (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) n'ont toujours pas surmonté un désaccord sur le rôle exact que doit jouer le Conseil de sécurité, malgré six réunions informelles entre eux en dix jours.

