Opération Swarmer - Arrestations et saisies d'armes, mais pas de combats
Mots clés : arrestations

Photo: Agence Reuters
Elle survient à l'approche du troisième anniversaire de l'invasion de l'Irak, le 20 mars 2003, et après une vague de violences marquée par des attentats et des tueries à caractère confessionnel faisant craindre une guerre civile.
Des unités de l'armée irakienne et de l'armée américaine ont encerclé des hameaux et fouillé les habitations des fermiers autour de champs de blé en herbe, a constaté un journaliste de l'AFP ayant survolé la zone en hélicoptère.
Les troupes ont opéré sous l'oeil d'avions d'observation sans pilote survolant cette région rurale habitée par des Arabes sunnites.
«On a arrêté 48 personnes», a indiqué le commandant John Calahan, de la 101e division aéroportée, ajoutant que 17 personnes avaient été libérées. «Il n'y a pas eu de contact avec les rebelles», a-t-il précisé, affirmant que l'objectif était «d'empêcher les rebelles d'établir un sanctuaire» dans cette zone proche de Samarra, où un mausolée chiite a été dynamité le 22 février, entraînant de sanglantes violences communautaires. Selon lui, 60 hélicoptères sont engagés dans l'opération, présentée comme l'assaut aérien le plus important depuis l'invasion de 2003. «Nous n'avons aucun rebelle ici», assure Rana Saleh, faisant cuire son pain pendant que les soldats fouillent sa maison. «Les habitants ne sont pas vraiment hostiles mais ils ne sont pas contents» de la présence des soldats, explique le caporal américain Mike Koppsch.
Petit nombre
À al-Dour, à 150 kilomètres au nord de Bagdad, le vice-gouverneur de la province de Salaheddine, Abdallah Hussein, a estimé à 200 le nombre de rebelles, dont des combattants arabes, et de leurs sympathisants dans la zone. Le commandant Calahan, lui, n'a parlé que de 40 à 50 rebelles.
M. Hussein affirme qu'un chef rebelle a été arrêté. Selon lui, le groupe Jaïch Mohammed, proche d'al-Qaïda, est actif dans la région. «Nous avons des enregistrements des voix [des membres de ce groupe], leurs photographies et leurs noms», assure-t-il. Dans un communiqué sur Internet, le Conseil consultatif des moudjahidines, formé de sept groupes armés sunnites chapeautés par la branche irakienne d'al-Qaïda, a affirmé que l'opération était «vouée à l'échec».
Selon le général américain Peter Chiarelli, qui commande les forces multinationales en Irak, les troupes n'ont rencontré que peu de résistance. Il a précisé que parmi le matériel de guerre découvert figuraient des éléments de missiles sol-air Sam-7, des obus de 120 mm, des roquettes de 107 mm et des obus de mortier de 130 mm.
Affirmant que l'armée irakienne était «bien préparée et bien entraînée» pour la lutte contre les insurgés, il a d'autre part prédit que d'ici la fin de l'été, «les unités irakiennes pourraient être responsables de 75 % du territoire du pays».
Cependant, le ministre britannique de la Défense, John Reid, en visite à Bagdad, a estimé que les forces de sécurité irakiennes n'étaient pas encore prêtes. «On n'est pas encore au stade où on peut dire que ces forces sont en mesure d'assurer la sécurité dans toutes les provinces», a dit le ministre à la presse. 8000 soldats britanniques sont présents dans le sud du pays, dans quatre des 18 provinces d'Irak.
Par ailleurs, six Irakiens, dont quatre pèlerins chiites, ont été tués dans des attaques alors que l'armée américaine a annoncé la mort d'un de ses soldats dans une attaque jeudi.

