Violences à Paris

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AFP
Édition du vendredi 17 mars 2006

Mots clés : cpe, manifestations

Des centaines de milliers d'étudiants descendent dans les rues

Paris -- Des centaines de milliers de lycéens et d'étudiants ont mené hier une démonstration de force contre le gouvernement en manifestant dans la plupart des grandes villes de France contre le contrat-jeunes lors de défilés parfois émaillés de heurts, comme à Paris. Dans la capitale, la situation a dégénéré pendant plus de deux heures en début de soirée. De violents affrontements ont opposé jeunes et policiers dans le célèbre Quartier latin, au coeur de Paris, près de la prestigieuse université de la Sorbonne, symbole de la révolte étudiante de mai 1968.

Des jeunes, le visage masqué, ont incendié un kiosque à journaux et jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, à Sèvres-Babylone. Des incidents ont ensuite éclaté place de la Sorbonne, où plusieurs centaines de jeunes ont bataillé avec des cocktails Molotov et des fumigènes. Une librairie a été incendiée, une dizaine de voitures ont été renversées ou détériorées et l'une a brûlé.

Les manifestants, qui descellaient des pavés pour en faire des projectiles, ont finalement reculé face aux canons à eau et à de grosses quantités de gaz lacrymogènes, et, après 20h GMT, le calme était revenu. Des jeunes ont été blessés ainsi qu'au moins 35 policiers, dont neuf ont dû être hospitalisés, selon la préfecture de police. Ces heurts sont survenus à la fin de la manifestation parisienne, qui a réuni dans l'après-midi 33 000 jeunes selon la police, 120 000 selon les organisateurs.

Plusieurs défilés se sont conclus par des incidents, parfois violents, notamment à Rennes (ouest), où des policiers ont tiré des grenades lacrymogènes et où des dizaines de jeunes ont mis le feu à des poubelles et endommagé des véhicules, à Toulouse (sud-ouest), à Montpellier (sud-est) ou à Chalon-sur-Saône (est).

De Rennes à Marseille (sud-est), de Bordeaux (sud-ouest) à Strasbourg (est), les manifestants ont exigé le retrait du contrat première embauche (CPE), accusé d'imposer la précarité aux jeunes et que rejettent aussi syndicats et partis de gauche. La participation globale aux manifestations était nettement plus importante que deux jours plus tôt, lors des précédentes manifestations d'étudiants et de lycéens.

Au total, 247 500 personnes ont défilé selon la police, 500 000 selon les organisateurs. Plus de 200 personnes ont été interpellées à travers le pays, dont les trois quarts à Paris. En banlieue parisienne, d'autres heurts ont eu lieu, notamment à Vitry-sur-Seine et au Raincy, où quatre policiers et une lycéenne ont été légèrement blessés.

À Paris étaient venus défiler de nombreux jeunes des lycées de la banlieue, théâtre d'émeutes en novembre dernier. La police avait pour consigne d'interpeller les casseurs mais de faire preuve de «retenue».

Plus des deux tiers des 84 universités françaises étaient toujours touchées par le mouvement, les grèves et les blocages des campus.


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