Le Forum mondial de l'eau s'ouvre à Mexico
Mots clés : environnement
Le quatrième Forum mondial de l'eau s'ouvre ce matin à Mexico avec deux priorités environnementales majeures: préserver les bénéfices biophysiques et biologiques de cours d'eau naturels au profit des générations futures et réaliser cet objectif par l'entremise d'une gestion écosystémique décentralisée, dans laquelle l'accès à des eaux de qualité n'est pas un privilège mais un droit.
Selon l'Union mondiale pour la nature (UICN), il faut désormais tenir compte de la valeur des milieux et des écosystèmes naturels dans l'équation qui consiste à y ériger des constructions ou à modifier les cours d'eau de toutes les façons imaginables sous prétexte de développement économique. Les écosystèmes, selon l'UICN, «doivent être comptabilisés comme des infrastructures» dont les bénéfices sociaux et économiques à long terme sont opposables à ceux des projets des promoteurs de tout acabit.
De plus, selon la plateforme du Forum, la gestion des écosystèmes aquatiques doit être ouverte à tous les acteurs sociaux, et préférablement aux acteurs locaux, qui dépendent généralement des ressources vivantes des cours d'eau, sinon de l'eau elle-même. C'est pourquoi à cette décentralisation de la gouvernance de l'eau pour mieux la protéger -- et non pour mieux l'accaparer et artificialiser ses maillons vivants --, le Forum mondial ajoute un quatrième enjeu, soit la gestion écosystémique. Ce mode de gestion exige de dépasser le stéréotype galvaudé de l'«équilibre entre économie et environnement» pour imposer plutôt aux acteurs économiques et à leurs projets les limites du fonctionnement naturel des écosystèmes. Cette gestion, estime l'UICN, doit être appliquée à l'échelle des bassins versants afin d'éviter que des politiques contradictoires s'appliquent à l'intérieur d'un même bassin.
Le défi que posent les cinq enjeux du Forum 2006 est d'autant plus important que 2,6 milliards d'humains n'ont pas présentement accès à des toilettes et à des eaux épurées, principalement dans les grands bidonvilles de la planète. La pollution générée par cette situation provoque, dans l'indifférence totale, la mort de 2,2 millions de personnes chaque année, soit sept fois les mortalités engendrées par le tsunami de décembre 2004.
Néanmoins, les effort consentis par les pays en développement et les pays occidentaux depuis 20 ans ont permis de donner accès à de l'eau potable à 2,4 milliards d'humains et fourni une épuration sécuritaire des eaux usées à plus de 600 000 personnes. Il en coûterait entre 111 et 180 milliards par an, soit trois fois les investissements présentement consentis par les gouvernements, pour assurer à tous les habitants de la planète un accès à de l'eau potable et à une épuration sécuritaire.
On mesure les atteintes imposées aux cours d'eau depuis 30 ans, principalement par l'agriculture, la pollution et les grands ouvrages, quand on réalise, selon le bilan de l'UICN, que les espèces vivantes présentes dans ces cours d'eau ont perdu la moitié de leurs effectifs, ce qui réduit d'autant le «service biologique» que ces écosystèmes rendent depuis des millénaires aux humains.
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