Course au leadership au PLC - Les jeunes libéraux retrouvent leur indépendance

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Hélène Buzzetti
Édition du jeudi 16 mars 2006

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Ottawa -- Les jeunes libéraux fédéraux du Québec ne prendront pas position dans la future course à la chefferie de leur parti. Placés devant le fait accompli par leur présidente, qui militera pour Belinda Stronach, les jeunes ont plutôt décidé de ne pas appuyer collectivement de candidature. Ils ont même décidé de rompre jusqu'à l'élection du prochain chef le lien avec leur blogue où s'accumulaient les commentaires désobligeants.

Les jeunes du Québec ont adopté vendredi dernier une résolution autorisant les quelque 40 membres de l'exécutif à appuyer l'un ou l'autre des éventuels candidats à la succession de Paul Martin. La présidente des jeunes, Brigitte Legault, reconnaît que c'est devant le manque de consensus des membres que cette résolution a été soumise. «C'est un peu ridicule de priver les personnes du droit de militer pour un candidat simplement parce qu'il faut se rallier», dit-elle. Ce ralliement ne semblait pas possible. «Le but, c'est de rester des amis. On ne veut pas de dissension.»

Deux jours avant cette rencontre de l'exécutif, le recrutement de Mme Legault par la millionnaire Belinda Stronach afin d'organiser sa candidature au Québec avait été ébruité. Mme Legault a coprésidé la dernière campagne libérale fédérale au Québec.

Luc Fortin, vice-président aux communications, réfute l'hypothèse voulant que l'aile jeunesse québécoise ait été placée devant un fait accompli par la décision de sa présidente. «Nous n'avons pas été forcés du tout, assure-t-il. Les gens n'étaient pas prêts à se lancer dans une course au leadership.» Il croit que cette décision est «saine».

Même son de cloche du côté de Charles Daviault. «Mme Legault était libre d'appuyer qui elle veut. Elle l'a fait en son nom seul.»

N'empêche que la révélation de l'appui de Mme Legault n'avait pas plu à tout le monde. Sur le blogue de la candidature de Mme Stronach, les messages hargneux -- et même diffamatoires -- se sont vite multipliés. On y accuse Mme Legault de s'être fait acheter avec un salaire de 70 000 $, ce que la principale intéressée nie catégoriquement. «Ceux qui me connaissent savent que je fais cela par passion et non pour des raisons financières», assure-t-elle.

Sur ce blogue, plusieurs reprochent à la ministre de ne pas parler le français. Les commentaires sont rédigés... en anglais, même lorsqu'ils proviennent de francophones. On reproche à Belinda Stronach de n'avoir aucun lien profond avec le Parti libéral, qu'elle a rejoint il y a moins d'un an.

Les jeunes libéraux fédéraux du Québec ont en outre décidé de suspendre leur blogue Fuddle-Duddle jusqu'à l'élection d'un prochain chef parce que «même s'il est expressément mentionné sur le site du blogue que les JLCQ n'endossent pas les commentaires faits sur le blogue, la perception du public peut en être tout autrement, ce qui peut être particulièrement problématique dans une période de forte couverture médiatique comme une course à la direction». Cette directive aurait par la suite évolué, selon Mme Legault. Seul le lien entre le site officiel des jeunes libéraux et le blogue aurait été rompu.


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