Uniprix s'allie à Clinique Santé

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Claude Turcotte
Édition du jeudi 16 mars 2006

Mots clés : pharmacien, uniprix

Le groupe devient le plus important regroupement de pharmaciens indépendants au Québec

Avec ce regroupement, Uniprix se retrouve au premier rang au Québec pour le nombre de pharmaciens, avec près de 25 % des 1600 qui pratiquent la profession et au second rang pour les revenus, avec une part de marché de 26 % et un chiffre d'affaires de 1,5 milliard.

Photo: Agence France-Presse

Le Groupe Uniprix a conclu une entente de gestion avec Clinique Santé, ce qui en fait le plus important regroupement avec 387 pharmaciens indépendants au Québec. En outre, Uniprix devient copartenaire à parts égales avec McKesson Canada dans Corporation Unidis, une nouvelle entité grossiste. «Les consommateurs de l'ensemble du Québec seront grandement avantagés par l'arrivée de cette nouvelle force dans le marché de la pharmacie», a déclaré François Castonguay, président et chef de la direction d'Uniprix.

Avec ce regroupement, souligne le président, Uniprix se retrouve au premier rang pour le nombre de pharmaciens, avec près de 25 % des 1600 qui pratiquent la profession, au second rang pour les revenus, avec une part de marché de 26 % et un chiffre d'affaires de 1,5 milliard obtenu sous trois enseignes, soit Uniprix, Unipharm et Uniclinique. Avant ce regroupement, Uniprix comptait 243 pharmacies affiliées et Clinique Santé, 144. Les pharmaciens conserveront leur indépendance et auront accès à un plus grand nombre de services. Pour ce qui est de l'entreprise grossiste, Uniprix, qui était déjà le plus important client de McKesson au Québec, dit avoir insisté pour devenir partenaire, ce qui a été compris par McKesson. L'entente à long terme pour le regroupement des pharmaciens s'appuie sur une formule flexible qui est appelée à évoluer en fonction des besoins et des exigences des pharmaciens. Ce faisant, le pouvoir d'achat et de négociation des pharmaciens a été augmenté substantiellement, affirme-t-on dans le communiqué diffusé hier.

M. Castonguay mentionne que la croissance des affaires dans les pharmacies au Québec est de 6,9 % par année et que la situation devrait demeurer stable pour l'avenir prévisible, même si la démographie annonce un vieillissement important de la population au cours des prochaines années. Les statistiques montrent que la couche de la population de 40 ans et moins présente huit prescriptions par année à son pharmacien, alors que les personnes âgées de 60 ans et plus en présentent 33.

À la suite de ce regroupement, Uniprix entend surtout s'affairer à consolider les pharmaciens qui font partie de son réseau en les agrandissant, peut-être aussi en amenant quelques pharmaciens dans son réseau, tout en demeurant ouvert à une acquisition majeure si l'occasion se présentait. Dans l'ensemble, il n'existe plus au Québec de possibilités de croissance spectaculaire, puisque l'ensemble du territoire est plutôt bien pourvu en pharmacies.

Jean Coutu en tête

L'annonce d'Uniprix d'hier ne change rien à la position de tête que détient le Groupe Jean Coutu, avec une part de marché au Québec d'environ 40 % et qui déclarait l'an dernier des revenus au Canada de 1,94 milliard. Les Coutu veillent au grain, même si désormais la plus grande partie de leurs affaires se fait aux États-Unis.

On voit par ailleurs diverses tentatives de différents groupes pour conforter ou défendre leur positionnement sur le marché québécois et dans les régions adjacentes des provinces voisines. Ce fut le cas par exemple le mois dernier pour Essaim et Obonsoins, qui se sont regroupés pour créer l'enseigne Proxim. Il s'agit d'un réseau de 290 pharmaciens indépendants au Québec, en Ontario et dans les Maritimes pour offrir des produits et des services centrés sur la santé et le bien-être. Proxim s'associe à Fruits & Passions et lance un projet-pilote avec Renaud-Bray pour offrir des publications ayant un lien avec la santé.

Après Jean Coutu et Uniprix, les deux plus importants réseaux au Québec sont Pharmaprix et Familiprix, qui arrivent respectivement au troisième et quatrième rang pour les parts de marché avec des revenus se situant dans une fourchette de 10 à 12 millions.

On a pu constater depuis quelques années, ne serait-ce qu'en observant les annonces publicitaires à la télé de la part de ces différents réseaux, que la concurrence est plutôt vive et que tout le monde se surveille. C'est Familiprix qui, en 2002, a déclenché le bal. Étant le réseau qui avait le taux de notoriété le plus bas, soit 19 % en comparaison de 90 % et plus pour Jean Coutu et 70 % pour Pharmaprix, Familiprix a joué le tout pour le tout avec une publicité humoristique, celle du pharmacien qui assiste à des accidents divers et s'écrie: «Ah, ah! Familiprix!» Cette pub qui visait la famille et les enfants a eu un succès instantané. Son taux de notoriété a monté à 52 % et ses ventes ont grimpé de 33 % en six mois, pour atteindre 140 millions, alors que l'objectif visé était une croissance de 15 %. Familiprix a même réussi à attirer 21 pharmaciens indépendants dans son réseau de petites pharmacies en dehors de la région du Grand Montréal.

L'efficacité de cette publicité a été telle que le Groupe Jean Coutu a rapidement réagi en présentant lui aussi une publicité humoristique, dans laquelle le nom Jean Coutu est répété plusieurs fois; comme cette publicité se poursuit encore, on peut présumer qu'elle est efficace. Pharmaprix a misé pour sa part sur la comédienne Macha Grenon pour viser la clientèle des jeunes femmes de la région métropolitaine de Montréal, tandis qu'Uniprix a opté pour une autre comédienne, Anik Lemay.


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