Marchés boursiers - Mariages en vue

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AFP
Édition du jeudi 16 mars 2006

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Les grandes Bourses mondiales cherchent les alliances afin d'éviter d'être marginalisées au terme d'une consolidation inéluctable

Paris -- Les grandes Bourses mondiales cherchent à se marier afin d'atteindre une taille importante pour éviter d'être marginalisées au terme d'une consolidation inéluctable.

Le processus de regroupement des plateformes boursières mondiales s'est largement accéléré au cours des dernières semaines, entre dépôt d'offre formelle et déclarations d'intention.

Dernier pas franchi: l'opérateur de la Bourse de Francfort Deutsche Börse s'est dit hier «impatient d'engager des négociations concrètes» avec Euronext en vue d'une fusion.

La veille, le p.-d.g. du groupe boursier paneuropéen, Jean-François Théodore, s'était montré ouvert à des discussions avec son concurrent allemand.

La semaine dernière, c'est le Nasdaq, marché américain des échanges électroniques, qui avait lancé une offre d'achat sur la Bourse de Londres, le London Stock Exchange (LSE), tandis que selon des informations de presse, la Bourse de New York (NYSE) se préparerait aussi à faire une offre.

Un mouvement bien amorcé

S'il a récemment pris de l'ampleur, ce mouvement de concentration était pourtant déjà entamé. Le groupe Euronext, créé au milieu des années 90 pour gérer les marchés actions de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne, «avait ouvert la voie, et s'est d'ailleurs révélé un énorme succès», rappelle Alain Dupuis, analyste chez Oddo Securities.

Depuis, les places boursières ont compris qu'en fusionnant, elles pourraient bénéficier à plein de la croissance de leurs volumes d'échanges.

«Réunir deux plateformes informatiques permet de réduire considérablement les coûts» et de dégager de nombreuses synergies, souligne un analyste souhaitant garder l'anonymat.

Les synergies attendues d'une éventuelle fusion entre Euronext et Deutsche Börse sont ainsi «évaluées à environ 200 millions d'euros», note Alain Dupuis, qui ajoute que «les coûts de ces sociétés sont fixes, ce qui offre un fantastique levier de croissance sur leur rentabilité».

Les plateformes boursières, qui se rémunèrent en prélevant des commissions sur les volumes échangés et sur les introductions en Bourse, ont toutes profité du récent dynamisme des marchés, au point de devenir des entreprises très rentables, estime aussi Hugues Doumenc, analyste chez Fideuram Wargny.

Les Bourses européennes pourraient ainsi servir au Nasdaq ou au NYSE de relais de croissance, expliquent les analystes. La Bourse de New York entend «participer à la consolidation en cours à la fois aux États-Unis et dans le reste du monde, en particulier en Europe», avait dit fin janvier le patron du NYSE, John Thain.

Et «si les Américains entrent dans cette logique de rachat, les Européens sont bien obligés de répliquer», souligne Pierre Flabbée chez Kepler Equities.

«Un mariage entre une Bourse américaine et le LSE ne laisserait pas le choix à Deutsche Börse et Euronext de fusionner», abonde un autre analyste.

Dicté par la nécessité de «ne pas rester au bord du chemin», le mouvement de concentration est également attendu par les clients sensibles à une baisse des tarifs que faciliterait la concentration boursière avec les réductions des coûts de fonctionnement, ajoute Alain Dupuis.

Des fonds anglo-saxons, actionnaires à la fois de Deutsche Börse et Euronext, poussent les deux groupes à fusionner. Un tel rapprochement pourrait poser un problème de concurrence et attirer les foudres de la Commission européenne avec la naissance d'un quasi-monopole en Europe sur les produits dérivés autour d'Eurex et du Liffe.


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