Transport aérien - La biométrie pour contourner les files d'attente
Mots clés :
L'aéroport Pearson adopte un nouveau système de cartes de sécurité

Photo: Agence France-Presse
La technologie biométrique est loin de s'attirer les louanges de tout le monde, notamment les défenseurs de la vie privée qui brandissent depuis plusieurs années les risques de vol d'identité et de partage des données. Sans compter, dans un cas comme celui-ci, la création de différentes catégories de voyageurs dont le risque perçu de sécurité dépendra de leur capacité de payer.
Le programme torontois, baptisé Clear, reste à être approuvé par le gouvernement fédéral. Verified a déjà des projections. «On pense pouvoir récolter 50 000 inscriptions dans la première année et demie», a dit hier Cindy Rosenthal, porte-parole de la compagnie à New York. Le seul aéroport nord-américain à avoir mis sur pied le système est celui d'Orlando, où 17 000 personnes se sont inscrites depuis juillet. Toronto et Orlando accueillent respectivement 30 et 32 millions de passagers par année.
Selon Mme Rosenthal, Verified est en pourparlers avec «quelques-uns des cinq grands aéroports du Canada». Outre Toronto, ce palmarès est composé de Vancouver (16,4 millions), Dorval (11 millions), Calgary (10 millions) et Edmonton (4,5 millions). La compagnie «espère signer d'autres ententes dans les prochains mois», a-t-elle ajouté.
«On ne discute pas présentement avec Verified», a cependant indiqué la porte-parole d'Aéroports de Montréal (AMD), Christiane Beaulieu. Tous les aéroports tentent de trouver la façon d'améliorer le flux de passagers, avec le moins de points d'attente possible au départ et au retour, a dit Mme Beaulieu. En fait, a-t-elle rappelé, il y a déjà une carte biométrique au Canada. «C'est CANPASS, elle est gérée par l'agence des services frontaliers mais elle ne fonctionne qu'au retour.»
La carte CANPASS, qui coûte 50 $ l'an, permet d'éviter la file d'attente aux douanes. Pourquoi ne fonctionne-t-elle qu'au retour et non au départ? Car la sécurité relève de deux ministères différents, soit celui des services frontaliers et celui des Transports. «Les aéroports se demandent pourquoi c'est comme ça. On a demandé au ministère des Transports d'en faire une et de s'accorder à celle de CANPASS, mais on attend encore une réponse», a dit Mme Beaulieu.
La société Verified devra elle aussi passer par Ottawa avant de mettre sur pied le système à Toronto et prévoit une réponse «d'ici quelques mois».
En ce qui concerne les inquiétudes sur la confidentialité des données, Verified affirme qu'elle ne suit pas les déplacements de ses membres et ne partage pas les renseignements biométriques avec des tierces parties. Elle comprend les craintes. «Dans nos focus groups, on a vite vu l'émergence de deux catégories de personnes: ceux qui ne veulent pas que le gouvernement mettent la main sur cette information et les autres, qui ne veulent pas que ce soit le secteur privé», a dit Mme Rosenthal. «Nous allons poursuivre ces discussions aux États-Unis et au Canada pour voir s'il y a des différences de perception.»
Selon Karl Moore, spécialiste du transport aérien à l'Université McGill, a dit hier que les délais à l'aéroport étaient un problème majeur, mais que les questions de sécurité ne l'inquiétaient pas outre mesure, car «ces systèmes biométriques sont très sophistiqués».
La société Verified a été fondée en 2003 par le journaliste Steven Brill. À l'heure actuelle, a-t-il dit en novembre, le système est suffisamment puissant pour pouvoir répondre aux besoins de 30 à 40 aéroports. Ceux de San Jose et d'Indianapolis le mettront en place ce printemps. Une autre entreprise américaine, Saflink, lorgne le même marché. Elle s'est associée à Microsoft, Johnson Controls et Expedia.
Vos réactions
Aucun commentaire ... soyez le premier !

