Vos réactions
Mont-Orford : d'hier à aujourd'hui.
Le projet à l'étude comportait «...l'addition de terrains à haute valeur écologique et la révision du zonage visant à diminuer les zones de récréation intense et augmenter les zones de préservation.»
S'appuyant sur les recommandations du rapport, le ministre déclarait qu'une «importante modification au zonage de préservation devrait lier le mont Alfred-Desrochers jusqu'à la zone située au sud du parc» dans le but «d'accen-tuer la mission de conservation du parc.»
Deuxièmement, un échange de terrains entre la Fapaq et la compagnie Intermont (aujourd'hui Mont-Orford Inc.) «permettrait d'agrandir la superficie du parc (...) tout en favorisant la relance de la station de ski et du terrain de golf (...)»
«Les consultations publiques, peut-on lire, ont permis de savoir que les propositions (...)ont fait consensus en ce qui concerne l'agrandissement du parc - par l'extension des limites situées au nord - mais aussi par les modifications au zonage, les orientations de développement pour la Sépaq, la base de plein air Jouvence et le Centre d'Arts Orford (...) En revanche, des divergences sont apparues au sujet de l'échange de terrains entre la Fapaq et la compagnie Intermont. La question environnementale et une possible iniquité au niveau de cet échange ont été soulevées avec insistance...»
Ainsi, le ministre reprenait à son compte «des conditions contraignantes» que le promoteur devait rencontrer «avant que le Conseil des ministres ne puisse se prononcer sur les modifications aux limites du parc par voie réglementaire.», entre autres « La mise en place d'un mécanisme pour assurer l'équité dans l'échange de terrain...»
Que s'est-il passé depuis? A-t-on déchiqueté le rapport des consultations de Magog?
Toujours est-il qu'il semble que «l'anomalie» de cette montagne dans un parc national soit un qualificatif nouveau dans le lexique politique à Québec, d'où la solution comme un lapin sorti du chapeau du noveau ministre Béchard : retrancher on ne sait trop combien d'acres...
On sait aujourd'hui que le fameux concept d'échange de terrains repris à la sauce libérale est illégal.
Sans être tout à fait convaincu de la netteté de la position du gouvernement péquiste de l'époque à l'égard du maintien intégral du parc national, on remarquera l'effort de l'ex-ministre Legendre d'avoir maintenu un dialogue avec toutes les parties impliquées dans le dossier, y compris les simples citoyens, propriétaires de ce parc.
Mais telle n'est absolument pas la ligne de conduite de l'actuel Conseil des ministres qui veut contourner sa propre loi à toute vapeur sans consultation, sans même avoir pris la peine, à l'évidence, de connaître le dossier à fond. En plus de heurter le sens commun pour un bien public qu'on veut ballotter au plus offrant, fut-ce en toute transparence, nous pouvons épingler des ministres qui font très mal leur travail actuellement. Et le premier ministre Jean Charest ne semble pas du tout en mesure de tirer les conclusions qui s'imposent alors que ce dossier concerne d'abord la qualité de vie sa propre région natale!
Jacques Desmarais
Montréal
