Després n'empêchera pas la SAAQ d'augmenter ses tarifs
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Québec -- Même s'il avoue son «malaise» devant l'ampleur des hausses de tarifs demandées par la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), le ministre des Transports, Michel Després, n'entend pas intervenir pour réduire l'appétit de la société d'État.
Néanmoins, le ministre n'entend pas s'immiscer dans le processus de consultations prévu par la loi et renvoie simplement la balle à la SAAQ, entité autonome du gouvernement.
«La SAAQ devra s'expliquer; elle a son autonomie mais elle devra rendre des comptes. C'est pour cela qu'il y aura des consultations publiques [sur les hausses]. Ce sera l'occasion pour les contribuables et les groupes de se faire entendre», a-t-il dit.
En vertu de la loi 55, un conseil d'experts tiendra une consultation sur les demandes de la SAAQ et fera ses recommandations au conseil d'administration de la société d'État dans un rapport qui sera rendu public en juin 2006.
Convaincu que des hausses de tarifs sont inévitables «un jour ou l'autre», le ministre n'en considère pas moins «surprenantes» les propositions de la SAAQ compte tenu de l'amélioration de sa situation financière.
D'un déficit anticipé de 500 millions de dollars, la société d'État devrait plutôt afficher, dans ses résultats financiers qui seront déposés le mois prochain, un surplus de 200 millions, a rappelé le ministre.
À l'instar du gouvernement qui a fait son effort en soustrayant 100 millions en dépenses du périmètre comptable de la société d'État, la SAAQ devrait, de son côté, poursuivre son «ménage» administratif pour réduire ses coûts, a fait comprendre M. Després.
«Moi, comme ministre, j'ai toujours dit que tous les moyens devraient être pris avant d'en venir à [une hausse] de tarification», a-t-il martelé.
Reste que, si le comité d'experts donne raison à la SAAQ, tous les détenteurs de permis de conduire devront assumer des augmentations considérables.
Ainsi, pour un véhicule de promenade, le conducteur n'ayant aucun point d'inaptitude à son dossier verrait son permis passer de 86 $ à 127 $ d'ici 2008.
Dès le premier point d'inaptitude, la facture passerait à 149 $ en 2007 et à 194 $ l'année suivante.
Pour leur part, les motocyclistes devraient absorber une véritable flambée des coûts. Les frais exigés pour piloter une moto «sport» dont la cylindrée dépasse 701 centimètres cubes passeraient en effet de 253 $ à 957 $ en 2007, puis à 1332 $ en 2008.

