Enron: Andrew Fastow affirme avoir averti ses supérieurs des risques courus
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Houston -- Andrew Fastow, l'ex-directeur financier du groupe de courtage en énergie américain Enron, a affirmé hier avoir averti ses supérieurs des risques liés à l'utilisation de véhicules financiers pour masquer les pertes du groupe.
Ceux-ci, baptisés LJM1 et LJM2 sur la base des initiales des noms de la femme et des enfants d'Andrew Fastow, servaient à maquiller les mauvais investissements du groupe. Ceux-ci étaient ainsi «vendus» aux entités LJM, capitalisés par Enron, permettant ainsi de les inscrire comme recettes.
Cette réunion avait eu lieu après la démission de Jeffrey Skilling qui avait brièvement succédé à Kenneth Lay comme p.-d.g. avant de démissionner en juillet 2001, six mois avant la faillite du groupe.
Un des principaux témoins
MM. Lay et Skilling sont jugés pour faux et usage de faux, fraude, complicité de fraude et délit d'initié depuis le 30 janvier à Houston, ville où Enron qui a fait faillite en décembre 2001 avait son siège. Andrew Fastow est l'un des principaux témoins appelés à comparaître.
Selon lui, il a prévenu Ken Lay qu'Enron aurait des difficultés à expliquer une différence de cinq milliards $US entre ses actifs inscrits dans la comptabilité et ceux qu'il possédait réellement.
Les deux hommes ont rencontré des responsables de la banque d'investissement Goldman Sachs pour tenter de trouver un moyen de sauver le groupe de la faillite, a encore indiqué Andrew Fastow. En même temps, Kenneth Lay assurait aux analystes financiers et aux investisseurs qu'il n'y avait pas de problèmes à Enron et pas de «surprise» à attendre.
Selon Andrew Fastow, il s'agissait d'une tromperie «car il y avait des surprises à attendre».
Les avocats de la défense devraient entamer hier leur propre interrogatoire d'Andrew Fastow et tenter de persuader les jurés qu'il est le véritable responsable de la faillite du groupe.
Andrew Fastow, 44 ans, a lui-même grandement profité financièrement de l'existence des LJM et a notamment reçu une commission de gestion de quatre millions de dollars pour le seul LJM1, sans compter les commissions réalisées sur les bénéfices qu'ils parvenaient à dégager.
Il a plaidé coupable en janvier 2004 dans le cadre d'un accord avec la justice et encourt dix ans de prison. Il a accepté de collaborer avec la justice dans le cadre du procès contre MM. Lay et Skilling qui encourent eux-mêmes de lourdes peines.
Lors du premier jour de son témoignage mardi, Andrew Fastow avait notamment accusé Jeffrey Skilling, affirmant qu'il était au courant et avait encouragé les mécanismes servant à dissimuler les pertes d'Enron. Le nom de Kenneth Lay avait été moins évoqué.
L'interrogatoire d'hier portait davantage sur le rôle de ce dernier après la démission de Jeffrey Skilling. Kenneth Lay est notamment accusé d'avoir vendu pour des millions de dollars d'actions Enron qu'il possédait alors qu'il assurait en même temps aux employés du groupe et aux investisseurs que le groupe était en bonne situation financière.

