Les soldats resteront en Afghanistan, dit Harper
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Ottawa -- Stephen Harper a dit comprendre les inquiétudes de la population à l'égard de la mission canadienne en Afghanistan, hier, mais il est demeuré ferme: pas question pour lui de prendre ses décisions dans ce domaine en fonction «des sondages».
«C'est nécessaire que nous continuions à l'expliquer [la mission], mais ce gouvernement, ce premier ministre, n'a pas l'intention de prendre des décisions par les sondages sur des questions aussi importantes», a déclaré M. Harper lors d'une conférence de presse, à l'issue d'une réunion de son cabinet.
Un récent sondage a révélé que 62 % des Canadiens s'opposaient au déploiement en Afghanistan et que 70 % d'entre eux souhaitaient un débat sur le sujet aux Communes.
L'inquiétude de l'opinion publique s'est accrue, la semaine dernière, avec la mort des soldats James Davis et Timothy Wilson survenue dans un accident de la route. Puis, cette fin de semaine, le soldat Trevor Greene a été grièvement blessé à la tête à la suite d'une sauvage attaque à la hache.
Le Canada dirige, depuis la semaine dernière, la mission internationale dans la région de Kandahar, le fief des insurgés talibans. Quelque 2200 soldats canadiens prennent part à l'effort multilatéral, qui compte 6000 militaires.
Le quotidien Toronto Star a révélé hier que les Forces armées préparaient une offensive de relations publiques afin de convaincre la population du bien-fondé de la mission afghane.
Stephen Harper a répété hier qu'il était défavorable à un vote parlementaire sur le déploiement, comme l'avait exprimé la veille son ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay.
«Ce n'est pas l'intention de ce gouvernement de remettre en question cette mission quand nos troupes sont en danger, a déclaré M. Harper. Un tel débat [...] va affaiblir nos troupes et [risquerait de] mettre nos troupes davantage en danger.»
Le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique réclament la tenue d'un vote en Chambre.
«Je comprends les frustrations du Bloc, a indiqué le premier ministre. Peut-être [que] l'ancien gouvernement aurait dû avoir un vote sur cette mission [...], mais on ne peut pas changer d'opinion quand les troupes sont en danger.»

