Abbas se dit prêt à relâcher le chef du FPLP

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AFP , Reuters
Édition du mercredi 08 mars 2006

Mots clés :

Mahmoud Abbas

Photo: Agence Reuters

Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré hier qu'il était prêt à relâcher le chef du Front populaire pour la libération de la Palestine, qu'Israël accuse d'avoir ordonné l'assassinat de son ministre du Tourisme, Rehavam Zeevi, en 2001.

Ahmed Saadate est détenu depuis 2002, avec d'autres activistes, dans une prison de Jéricho, en Cisjordanie, sous supervision internationale. Le FPLP avait revendiqué l'assassinat de Zeevi, personnalité ultranationaliste, en disant qu'il agissait en représailles à la mort d'un de ses dirigeants.

Alors qu'il s'exprimait hier devant un groupe de femmes à Ramallah, Abbas a été interpellé par l'une d'elles qui réclamait la libération de Saadate.

«Je suis prêt à le relâcher demain si je reçois une lettre du bureau politique du FPLP disant que je ne suis pas responsable de ce qui lui arrivera», a répondu le président palestinien. Abbas avait déjà annoncé l'an dernier qu'il projetait de libérer Saadate mais il n'en a rien fait.

Un responsable israélien a déclaré qu'une libération de Saadate irait à l'encontre des accords signés entre Israël et les Palestiniens. «Je crois qu'ils trouveront qu'il est bien plus en sécurité en prison que dehors. Nous avons le droit de le traduire en justice», a ajouté ce responsable.

Fondé par Georges Habache, le FPLP est opposé aux discussions de paix avec Israël. Actif dans les détournements d'avions des années 60 et 70, ce groupe fait partie de l'Organisation de libération de la Palestine dirigée par Abbas.

Dans un autre ordre d'idées, Mahmoud Abbas s'est dit opposé à la création d'un État palestinien aux frontières temporaires et à des retraits israéliens unilatéraux en Cisjordanie.

«Nous refusons les solutions unilatérales et l'État aux frontières temporaires», a déclaré M. Abbas dans une allocution devant une délégatio de Palestiniennes à l'occasion de la Journée internationale des femmes. «Il doit être clair pour tout le monde que nous rejetons une telle solution», a-t-il ajouté.

M. Abbas a reconnu que l'option de la création d'un État palestinien aux frontières temporaires figurait dans la Feuille de route, le dernier plan de paix soutenu par la communauté internationale.

M. Abbas a affirmé que le retrait israélien unilatéral de la bande de Gaza, effectué sans négociations avec les Palestiniens, ne devait pas se reproduire en Cisjordanie. «Tout règlement doit être négocié. Nous n'accepterons pas la répétition en Cisjordanie de ce qui s'était passé dans la bande de Gaza», a-t-il dit.

M. Abbas s'est en outre félicité du bon déroulement des élections législatives de janvier, remportées par le mouvement radical Hamas. «Nous exerçons la démocratie bien que nous ne jouissions pas de notre liberté. Nous avons accompli cet exercice démocratique pour montrer au monde que nous sommes un peuple démocratique et actif qui mérite un État.»

Il a par ailleurs rejeté les accusations de corruption pesant contre l'Autorité palestinienne. «Si nous étions corrompus, nous n'aurions pas organisé des élections propres et transparentes mais nous les aurions truquées», a-t-il dit.


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