Annan dépose son projet de réforme de l'ONU

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AFP
Édition du mercredi 08 mars 2006

Mots clés : onu

New York -- Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a proposé hier aux États membres une vaste réforme de l'administration de l'ONU, attendue par les dirigeants mondiaux après que l'Organisation eut été secouée par une série de scandales.

Dans un rapport déposé à l'Assemblée générale de l'ONU, M. Annan présente une série de mesures allant de la délocalisation de certaines services au renforcement du système de passation des marchés. Celui-ci a été récemment mis à mal par le scandale du programme Pétrole contre nourriture de l'ONU en Irak et par une enquête interne ayant révélé des pratiques contestables dans le secteur du maintien de la paix, qui a entraîné pour l'organisation des pertes évaluées à quelques dizaines de millions de dollars de pertes.

Intitulé Investir dans l'Organisation des Nations unies pour lui donner les moyens de sa vocation mondiale, ce rapport de 34 pages reconnaît l'inadaptation des structures administratives actuelles aux défis que l'ONU est censée relever chaque jour, 61 ans après sa création.

Il souligne l'augmentation vertigineuse, depuis la fin de la guerre froide, des activités de terrain de l'ONU, notamment des opérations de maintien de la paix, qui absorbent plus de 70 % du budget de l'ONU évalué à quelque 10 milliards de dollars, sans tenir compte des agences onusiennes (UNICEF, PAM, PNUD), qui ont un budget équivalent.

M. Annan propose de «refondre complètement l'ensemble du secrétariat, ses règles, sa structure, ses rouages, pour qu'il soit mieux adapté aux réalités d'aujourd'hui», et de «remettre entièrement à neuf» l'ensemble de l'organisation.

Le rapport contient des propositions relatives à sept domaines principaux: ressources humaines, encadrement, communications, réduction des coûts, simplification des procédures budgétaires, amélioration de la transparence et création d'un bureau de liaison avec les États membres.

Parmi les principales propositions figure la délocalisation ou l'externalisation de certains services de l'ONU, comme la production documentaire, la traduction et la paye, idée qui risque de se heurter à l'hostilité du personnel du siège à New York.

M. Annan souligne que cette pratique a déjà été utilisée avec succès, lorsque la Banque mondiale, basée à Washington, a délocalisé une partie de sa comptabilité vers Chennai, en Inde, ou que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), basé à New York, a délocalisé son service de paie vers Copenhague. Il affirme que, selon une étude préliminaire, la délocalisation de la seule production documentaire permettrait une économie annuelle de l'ordre de 35 millions.

M. Annan prévoit aussi un remaniement des postes les plus élevés au secrétariat, y compris le renforcement du rôle du vice-secrétaire général, qui se

verra doter de «l'autorité et de la responsabilité de gérer les activités opérationnelles de l'organisation».

L'ONU a annoncé vendredi la nomination à ce poste du Britannique Mark Malloch Brown, actuel chef de cabinet de M. Annan, effective le 1er avril.

M. Annan recommande également une simplification des procédures budgétaires de l'ONU, actuellement très lourdes avec, chaque année, plus de 55 000 pages de documents et l'alimentation de plus de 150 comptes différents.

La réforme administrative de l'ONU, demandée par les dirigeants mondiaux lors du sommet de New York en septembre dernier, est particulièrement attendue par certains gros contributeurs aux budgets onusiens, en premier lieu les États-Unis qui en financent 22 % et ont durement critiqué la gestion de M. Annan. Celui-ci terminera fin décembre son second mandat de cinq ans à la tête de l'ONU. L'un des grands sujets de préoccupation des États membres en 2006 est la recherche de son successeur.


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