Le ministre russe des Affaires étrangères a rencontré George W. Bush - Moscou renonce à tout compromis avec l'Iran sur le nucléaire
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Photo: Agence Reuters
«Nous discuterons de la situation sur la base du rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Et ce rapport sera présenté au Conseil de sécurité comme nous en étions convenus en février», a ajouté le chef de la diplomatie russe, qui a ensuite été reçu à la Maison-Blanche par le président George W. Bush.
Pour sa part, Mme Rice a réaffirmé la position américaine exigeant un arrêt de toutes les activités d'enrichissement sur le territoire iranien, que Washington soupçonne d'être destinées à l'élaboration d'une bombe nucléaire.
«Les Russes ne nous ont pas informés d'une nouvelle proposition qu'ils auraient présentée aux Iraniens, autre que la résolution du 4 février» de l'AIEA, qui réclamait un arrêt immédiat de toutes les activités d'enrichissement d'uranium par Téhéran, a confirmé la chef de la diplomatie américaine.
La Russie propose depuis plusieurs mois d'assurer les activités d'enrichissement industriel nécessaires au programme nucléaire civil dont Téhéran souhaite se doter, en échange de quoi l'Iran ratifierait le protocole additionnel du Traité de non-prolifération (TNP), qui autorise un contrôle poussé de son programme nucléaire.
Cette proposition est soutenue par les États-Unis et l'UE-3 (France, Grande-Bretagne et Allemagne), mais elle n'a pas été acceptée inconditionnellement par Téhéran.
Washington avait déjà exprimé lundi son opposition à tout enrichissement de l'uranium sur le sol iranien, même à petite échelle, et la Maison-Blanche a de nouveau rejeté hier cette idée avant même de recevoir M. Lavrov.
«Le régime [iranien] doit suspendre toutes ses activités d'enrichissement, nous avons été très clairs là-dessus, comme d'ailleurs beaucoup dans la communauté internationale», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan.
M. Lavrov a cependant souligné qu'il était indispensable de garder le contact avec les Iraniens pour pouvoir continuer à surveiller leurs agissements dans le cadre de l'AIEA.
M. Lavrov et Mme Rice, qui avaient entamé leurs discussions dès lundi, ont également évoqué la situation au Proche-Orient, la présidence russe du G8 et les négociations sur l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Les 35 membres du Conseil des gouverneurs de l'AIEA devaient examiner, hier soir ou ce matin, le rapport du directeur général de l'agence, Mohammed el-Baradeï, lequel sera automatiquement envoyé pour examen au Conseil de sécurité de l'ONU, conformément à la résolution du 4 février dernier.
L'Iran n'acceptera aucun arrêt de ses activités de recherche nucléaire, mais il est prêt à suspendre pendant deux ans au maximum son programme d'enrichissement industriel d'uranium, a déclaré hier à l'AFP un diplomate proche des négociations à l'AIEA.
«Tout moratoire de plus de deux ans des activités d'enrichissement industriel et toute demande de suspension de la recherche rendront un accord difficile», a dit ce diplomate à Vienne en soulignant qu'un plan de compromis russe, en cours de négociation, devrait comprendre ces deux éléments.
«Téhéran veut disposer 18 cascades de centrifugeuses pour ses recherches et dit être prêt en même temps à accepter un renforcement de la surveillance et du système de contrôle de son programme de recherche par l'AIEA», a ajouté ce diplomate.
Chaque cascade comprend 164 centrifugeuses pour enrichir l'uranium, ce qui porterait le total à 2952.
Par ailleurs, selon ce diplomate, «l'Iran dément avoir conclu un accord avec les Russes à propos de la suspension de ses activités de recherche. La solution pour sauver la face des Européens est que l'ran accepte de ne pas entamer ses activités industrielles avant deux ans», a-t-il dit.
En revanche, pour «sauver la face de l'Iran, on doit accepter qu'il poursuive ses activités de recherche pendant cette période sous la surveillance totale de l'AIEA», a ajouté ce responsable.
Américains et Européens (Allemands, Britanniques et Français) exigent pour leur part une suspension totale de toutes les activités liées à l'enrichissement de l'uranium en Iran.
Ils demandent également l'application pendant au moins cinq ans d'un moratoire des activités industrielles de l'Iran en la matière, afin de garantir qu'elles soient uniquement pacifiques et ne visent pas à la mise au point de l'arme atomique.
L'Iran s'expose à des «conséquences graves» s'il refuse de se conformer aux exigences internationales l'enjoignant de mettre un terme à son programme nucléaire, a averti hier le vice-président américain, Dick Cheney, lors d'un discours prononcé devant l'AIPAC, le principal lobby pro-israélien aux États-Unis.
Les États-Unis envisagent «toutes les options» possibles pour répondre à la crise nucléaire avec l'Iran, a dit M. Cheney, sans les préciser.
«Nous nous joignons aux autres pays pour envoyer à ce régime un message clair: nous ne permettrons pas à l'Iran d'avoir l'arme nucléaire», a-t-il dit.
Interrogé sur les déclarations de M. Cheney, le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan, a dit à la presse que les États-Unis continuaient à essayer de trouver une solution diplomatique à la crise avec l'Iran et s'attendaient à ce que le Conseil de sécurité de l'ONU se saisisse bientôt du dossier.
L'Iran a repris ses activités de recherche le 10 janvier dernier et refuse de les suspendre, malgré la résolution adoptée le 4 février par le Conseil des gouverneurs de l'AIEA.

