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Toujours floué
Le poète insiste à cette époque sur l'importance de se rappeler : « Si je parle ainsi de choses anciennes c'est qu'elles demeurent et dangereuses dans notre oubli » écrit-il dans le poème éponyme.
En 2006, nous assistons, impuissants (sans doute parce que nous sommes responsables de leur présence, les ayant tout de même élus), au retour des chacals de l'histoire puisque nous avons mis au pouvoir un parti politique qui vend le pays au plus offrant. Après avoir saccagé les CPE, après avoir remis en question l'universalité des soins de santé (heureusement, le Ministre Couillard a plus d'intelligence sociale que le reste de son parti), après avoir décrété les règles de conduites aux syndicats des enseignants en mettant fin aux négociations et en imposant ses vues, après avoir défusionné les villes fusionnées, toujours pour contenter quelques riches individus le Gouvernement québécois de Jean Charest s'apprête à vendre le Mont Orford, un des joyaux du paysage québécois.
Sans doute a-t-on le gouvernement qu'on mérite ? Je ne sais trop. En tout cas, en lisant ce matin dans le Devoir l'article de Louis-Gilles Francoeur annonçant que le gouvernement vendrait le Mont Orford à des promoteurs afin qu'y soit fait un autre terrain d'amusement (de golf) pour quelques privilégiés à gros sous et quelques condominiums de grand luxe (sûrement pas pour les déshérités), je ressens ce que bien des Québécois comme Jacques Brault éprouvaient dans les années 60 : je me sens floué par quelques salauds sans scrupules qui s'occupent de nous en nous dépossédant !
Claude Paradis,
Enseignant et poète
