Inde et Pakistan - Des rassemblements violents pour accueillir Bush

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AFP
Édition du samedi 04 et du dimanche 05 mars 2006

Mots clés : manifestations

Manifestation d'hostilité à Muzaffarabad, au Cachemire pakistanais.

Photo: Agence Reuters

New Delhi -- Le président américain George W. Bush a estimé que le nouveau partenariat stratégique avec l'Inde pouvait changer le monde à la fin d'un voyage de trois jours en Inde endeuillé hier par la mort de trois personnes lors d'émeutes religieuses liées à sa visite.

Dans un discours clôturant sa visite, le président américain a affirmé que les deux pays allaient se joindre ensemble aux efforts mondiaux pour faire avancer la démocratie, combattre le terrorisme et réduire les barrières douanières.

S'exprimant après la conclusion d'un accord historique de coopération nucléaire civile qui scelle le rapprochement entre New Delhi et Washington, M. Bush s'est dit «ébloui par cette terre vibrante et passionnante».

Jeudi, M. Bush et le premier ministre indien Manmohan Singh avaient scellé un pacte selon lequel l'Inde placera ses réacteurs nucléaires civils sous surveillance internationale, en échange de quoi elle obtiendra les technologies qui lui sont refusées depuis plus de 30 ans.

L'Inde, qui a procédé à son premier essai nucléaire en 1974, n'a jamais ratifié le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), ce qui lui a interdit toute coopération avec les pays membres du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG).

Démocraties

Le président Bush a expliqué que si les États-Unis et l'Inde, allié traditionnel de l'ex-URSS, étaient restés éloignés tant d'années, c'était à cause de la guerre froide. «Cela a changé. Nos deux grandes démocraties sont unies par l'occasion d'élever les peuples et [par] les menaces qui peuvent réduire nos progrès», a-t-il déclaré.

Dans la rue, des dizaines de milliers de personnes, essentiellement musulmanes et communistes, ont exprimé un sentiment contraire en manifestant chaque jour contre l'«impérialisme» américain depuis l'arrivée en Inde du président américain.

Hier, la protestation a viré au drame lorsqu'une de ces manifestations, à Lucknow, s'est transformée en affrontements religieux qui ont fait trois morts et 17 blessés.

À Srinagar, capitale du Cachemire indien, ce sont environ 35 personnes qui ont été blessées dans des affrontements entre la police et des musulmans lors d'une manifestation contre M. Bush. À Hyderabad, dans le sud du pays, où il s'est rendu hier, cinq autres personnes ont été blessées dans des circonstances similaires.

Le président américain n'a fait aucune mention au sujet de ces violences dans son discours au cours duquel il a souhaité que l'Inde joue un plus grand rôle dans la lutte pour la liberté et la démocratie.

M. Bush a aussi appelé ce pays à ouvrir davantage son économie afin de favoriser la prospérité. Il a demandé à l'Inde d'«ouvrir ses marchés aux produits de l'agriculture américaine et aux biens industriels et aux services». En même temps, évoquant les délocalisations, il a affirmé que les États-Unis n'allaient pas «céder aux protectionnistes».

Lors de cette visite, les deux pays ont souhaité doubler le volume des échanges à 40 milliards de dollars au cours des deux ou trois prochaines années.

Au Pakistan

Le président américain a entamé hier sa première visite au Pakistan, précédée par de multiples manifestations d'hostilité et une grève générale à l'appel des islamistes.

Centrée sur la «guerre contre le terrorisme» menée par les États-Unis et dont Islamabad est un allié clé, cette visite de 24 heures est entourée de mesures de sécurité exceptionnelles au lendemain d'un attentat suicide qui a tué un diplomate américain devant le consulat américain de Karachi.

Des milliers de manifestants se sont mobilisés hier dans toutes les grandes villes du Pakistan avec pour leitmotiv «Bush, go home!» (Bush, rentre chez toi).

Parallèlement, une grève générale à l'appel de la coalition islamiste Muttahida Majlis-e-Amal (MMA), destinée officiellement à protester contre la publication en Europe de caricatures de Mahomet jugées insultantes pour les musulmans, paralysait en grande partie le pays.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com