L'Iran s'obstine à enrichir l'uranium

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AFP
Édition du samedi 04 et du dimanche 05 mars 2006

Mots clés : enrichissement, uranium

Vienne -- L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne n'ont pas trouvé d'accord hier avec l'Iran sur son dossier nucléaire controversé, ce qui risque de mener à un durcissement des Occidentaux dès lundi à l'AIEA, malgré l'optimisme affiché par Téhéran.

Constatant l'échec de discussions de dernière minute à Vienne avec le négociateur en chef iranien Ali Larijani, les ministres français et allemand des Affaires étrangères n'ont pourtant pas fermé la porte à de nouveaux contacts à condition que l'Iran suspende l'enrichissement de l'uranium.

«Les conversations ont été constructives mais n'ont pas permis d'accord» et «le temps presse», a déclaré le ministre allemand Frank-Walter Steinmeier à la presse après une rencontre en matinée.

Son homologue français Philippe Douste-Blazy a également regretté que «l'Iran ne soit pas prêt aujourd'hui à répondre aux demandes de l'Agence internationale de l'énergie atomique [AIEA]».

«Suspension sélective»

En fait, les Iraniens ont proposé à l'UE «une suspension sélective» de l'enrichissement de l'uranium, qui entraînerait la poursuite d'activités de recherches à Natanz, et un moratoire de deux ans sur l'enrichissement industriel, ont indiqué des diplomates.

Or, a déclaré le chef de la diplomatie française, l'Iran ne veut «malheureusement» pas «retourner à une suspension complète des activités liées à l'enrichissement de l'uranium, y compris dans le domaine de la recherche et du développement», ce qui est nécessaire afin de «reconstruire la confiance» dans ses activités pacifiques.

«À l'inverse, si l'Iran répondait positivement aux demandes de la communauté internationale, nous serions prêts à engager avec lui une coopération ambitieuse, y compris dans le domaine du nucléaire civil», a souligné M. Douste-Blazy.

Les Occidentaux réclament le retour au moratoire sur les activités d'enrichissement, rompu en janvier, de crainte qu'elles ne puissent également avoir des fins militaires, mais Téhéran insiste sur ce droit pour le secteur civil de l'économie.

Un responsable de la délégation iranienne a certes voulu faire preuve d'optimisme en assurant que «compte tenu de l'atmosphère des négociations», les discussions devraient se poursuivre au plus haut niveau avec l'UE-3.

Il a même assuré, sous le couvert de l'anonymat, qu'un «accord total» avait été finalement conclu aux pourparlers cette semaine à Moscou sur un projet russe de compromis pour l'enrichissement de l'uranium iranien, ce qui aurait représenté une percée dans la crise. Cependant, loin de confirmer, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a au contraire déclaré hier soir à Moscou qu'il n'avait «pas entendu parler» d'un tel accord.

Un autre responsable iranien à Vienne, Ali Asghan Soltanieh, s'est ensuite montré plus prudent en déclarant à des journalistes qu'il y avait «plusieurs accords» à Moscou mais «rien d'écrit à ce stade».

Le conseil des gouverneurs de l'AIEA se réunit à partir de lundi à Vienne, et Téhéran est soupçonné par les Occidentaux de cacher des ambitions militaires derrière un programme nucléaire civil.

L'exécutif de l'AIEA (où les grandes puissances, les pays de l'UE-3, les États-Unis, la Russie et la Chine, ont fini par s'entendre) avait déjà «fait rapport» le 4 février au Conseil de sécurité de l'ONU mais s'était donné jusqu'au 6 mars avant de recommander que des mesures soient éventuellement prises à New York.


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