Le tribunal d'exception de Guantánamo - Des preuves obtenues sous la torture pourraient être présentées
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Guantánamo -- Un colonel américain présidant un tribunal d'exception à Guantánamo a refusé hier d'écarter l'admissibilité de preuves obtenues sous l'effet de la torture dans le cadre de procès de prisonniers détenus sur la base américaine.
L'homme se trouve parmi les dix prisonniers -- sur quelque 490 détenus -- qui ont été inculpés et doivent être présentés à ces tribunaux créés ex nihilo pour juger les «ennemis combattants» de Guantánamo.
Le commandant Thomas Fleener, désigné pour le défendre, a tenté hier d'obtenir du colonel qu'il garantisse qu'aucune preuve (des déclarations incriminantes par exemple) obtenue par le biais de mauvais traitements ne soit présentée. «Je crois qu'al-Bahloul a été torturé», a expliqué l'avocat militaire en précisant qu'il s'agirait d'un des points d'achoppement du procès.
Mais après avoir longuement réfléchi, le colonel a refusé de s'engager catégoriquement. Il a simplement indiqué qu'il tiendrait compte de l'éventuel recours à la torture pour admettre et évaluer les preuves présentées.
Les audiences en vue de juger des prisonniers de Guantánamo (Cuba) ont repris mercredi alors que la Cour suprême américaine reste saisie d'une affaire remettant en cause la légalité de cette justice d'exception. La cour ne devrait pas se prononcer avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

