L'Inde et les États-Unis scellent un accord « historique »

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Reuters , AFP
Édition du vendredi 03 mars 2006

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New Delhi sortira d'un isolement nucléaire vieux de trois décennies

Le président américain George W. Bush a trinqué hier avec le président indien, Abdul Kalam, lors d'un dîner d'État à New Delhi.

Photo: Agence Reuters

New Delhi -- L'Inde et les États-Unis ont conclu hier un accord de coopération nucléaire civile qui doit poser les bases d'un nouveau partenariat stratégique à l'occasion de la première visite du président américain George W. Bush dans ce pays.

M. Bush et le premier ministre indien Manmohan Singh ont annoncé avoir trouvé une entente pour la mise en oeuvre d'un accord de principe sur la coopération nucléaire civile conclu en juillet à Washington. Cet accord est unique en son genre puisque l'Inde, qui a procédé à son premier essai en 1974 et s'est déclarée puissance nucléaire en 1998, n'a jamais signé le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

S'il est accepté par le Congrès américain, il permettra à l'Inde de sortir d'un isolement nucléaire vieux de trois décennies et d'obtenir du combustible et des réacteurs à des fins civiles des États-Unis, voire d'autres pays.

«Ce résultat historique va permettre à nos pays d'avancer vers l'objectif commun d'une coopération énergétique nucléaire civile totale entre l'Inde et les États-Unis et entre l'Inde et la communauté internationale dans son ensemble», ont annoncé MM. Bush et Singh dans un communiqué conjoint. En juillet, M. Bush s'était engagé à convaincre le Congrès de lever les sanctions pour reprendre une coopération nucléaire civile avec l'Inde et à persuader d'autres pays de faire de même.

En contrepartie, l'Inde s'était engagée à dissocier ses programmes nucléaires civils et militaires et à laisser l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) contrôler ses installations civiles. Le fait de n'avoir pas ratifié le TNP empêche l'Inde de coopérer avec le Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG). Une loi américaine interdit l'exportation de technologies pouvant aider le programme nucléaire d'un pays n'ayant pas ratifié le TNP.

Selon des responsables indien et américain, l'accord prévoit de placer 14 des 22 réacteurs indiens sous contrôle international. L'Inde compte 15 réacteurs nucléaires opérationnels et sept en construction. Six sont déjà soumis aux garanties de non-prolifération.

Le directeur général de l'AIEA, Mohamed el-Baradeï, a salué l'accord, estimant qu'il fera de l'Inde «un partenaire important pour la non-prolifération». Mais le Pakistan a déjà fait savoir qu'il attendait de Washington une coopération similaire. La Chine a demandé que cette coopération soit conforme aux règles internationales.

Le développement de l'énergie nucléaire civile est crucial pour l'Inde, qui importe 70 % de ses besoins en pétrole alors que ses besoins énergétiques augmentent parallèlement à sa forte croissance. Les analystes estiment que cet accord doit aussi permettre à l'Inde de franchir un nouveau cap vers une reconnaissance en tant que puissance mondiale responsable.

M. Bush a d'ailleurs souligné que l'Inde était devenue un partenaire des États-Unis «pour rendre le monde plus sûr» comme «dans l'expansion des échanges mondiaux».

Au moment où le président américain s'entretenait avec le premier ministre indien, une voiture piégée a explosé à Karachi, au Pakistan, à proximité du consulat américain et de l'hôtel Marriott, faisant au moins quatre morts et une trentaine de blessés. Le président Bush a toutefois affirmé que les «terroristes» et autres «assassins» ne l'empêcheraient pas de se rendre comme prévu au Pakistan.

Dans la rue, la journée aura été marquée par les manifestations à Delhi ou Bombay de dizaines de milliers de personnes scandant: «Bush, go home!»


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