Carnage à Bagdad
Mots clés : attentats
Plus de 60 personnes périssent dans des attentats malgré les chars déployés pour maintenir le calme

Photo: Agence Reuters
Les Bagdadis ont néanmoins tenté de reprendre une vie normale après la levée, lundi, d'un couvre-feu qui a duré trois jours. Des chars de fabrication soviétique datant de l'époque de Saddam Hussein gardaient des mosquées sunnites et des patrouilles irakiennes et américaines sillonnaient la capitale.
En soirée, une voiture piégée a explosé près d'une mosquée chiite et d'un marché de volailles dans le quartier Hourriyah de Bagdad, faisant 25 morts et 43 blessées, selon le ministère de l'Intérieur. En même temps, une roquette Katioucha est tombée près d'un lieu de culte chiite sans faire de victime.
Ces attaques ont été précédées de trois attentats dans la journée, qui ont secoué presque simultanément des quartiers mixtes chiites et sunnites dans Bagdad, tuant au moins 30 Irakiens et en blessant 130 autres, selon des sources policières et hospitalières.
Ailleurs à Bagdad, cinq gardes du corps d'un conseiller du ministre irakien de la Défense ont été tués et sept blessés dans l'explosion d'une bombe au passage de son convoi, a indiqué une source du ministère. Le général Daham Radi al-Assal en est sorti indemne.
Face aux craintes d'un dérapage entre chiites et sunnites, le président américain George W. Bush a affirmé que les Irakiens avaient le choix entre «le chaos et l'unité» mais a dit avoir reçu l'assurance des dirigeants de toutes les communautés d'Irak qu'ils oeuvreraient pour rétablir le calme.
Le premier ministre irakien Ibrahim Jaafari, en visite en Turquie, a affirmé que «des actes de terrorisme étaient perpétrés à dessein» en Irak. Mais s'efforçant d'apaiser les inquiétudes turques, il a souligné que «la situation est sous contrôle» et que «les événements n'affecteront pas négativement le processus de formation du gouvernement», toujours en gestation près de trois mois après les élections générales.
En outre, un attentat à l'explosif a endommagé la tombe du père de Saddam Hussein, Hussein al-Majid, à Tikrit, au nord de Bagdad, selon la police. Cette explosion est survenue avant la reprise du procès de Saddam Hussein et sept de ses lieutenants devant le Haut Tribunal pénal siégeant dans la Zone verte ultra sécurisée de Bagdad.
Reconnaissant que les violences interconfessionnelles ont retardé les efforts de formation du gouvernement, plus de deux mois après les élections législatives de décembre, le conseiller à la sécurité nationale, Mowaffak al-Roubaïe, membre de l'alliance chiite au pouvoir, a déclaré qu'on pourrait «s'estimer heureux» si un gouvernement est constitué en deux mois.
Comparution de Saddam
Pour la première fois depuis le début de la vague de violences entre chiites et sunnites, l'ancien président irakien Saddam Hussein comparaissait hier devant le Tribunal pénal.
Cette audience a de nouveau tourné court. Les deux principaux avocats de Saddam sont rapidement repartis après le rejet par la cour d'une demande d'ajournement des débats et de révocation du président du tribunal.
L'ancien raïs, qui venait de mettre un terme à sa grève de la faim, n'a pas dit grand-chose au cours des trois heures de l'audience, mais son demi-frère a protesté haut et fort. L'audience doit reprendre aujourd'hui.

