Foresterie et pâtes et papiers - Difficile renouvellement de la ressource... collégiale
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Le Centre matapédien d'études collégiales n'a pas été en mesure de donner la formation depuis quatre ans, faute de candidats

Selon Francine Richer du Cégep de Rimouski, le recrutement a légèrement fléchi depuis les dernières années sans pour autant que cela pose problème. «Il y a aussi aujourd'hui plus de filles qui choisissent cette voie.» On compte présentement 54 personnes inscrites à ce DEC au Cégep de Rimouski, lequel met à leur disposition une forêt d'enseignement. De plus, le programme a été remanié et le profil a changé. «Les principes écologiques, comme l'aménagement de la nature et le reboisement, occupent une plus grande place.» Une passerelle vers l'université existe pour ces étudiants puisque l'université Laval accepte de reconnaître certains cours.
Technologie de la transformation des produits du bois
Au programme de quatre cégeps, cette formation technique vise à former des technologues qui seront en mesure d'effectuer de multiples tâches au sein de l'industrie de la première transformation de la matière ligneuse. Ces technologues deviennent familiers avec les procédés de sciage, mais aussi de séchage et de collage de bois. Ils seront appelés à travailler, entre autres, dans les scieries, les manufactures de contreplaqué et les manufactures de portes et fenêtres. Le programme, qui comprend trois modules, est dispensé selon le mode ATE.
Contrairement à la technologie forestière, ce programme de formation souffre d'un énorme problème de recrutement. Cet automne, on comptait 15 inscriptions dans tout le réseau. De plus, le Centre matapédien d'études collégiales, un campus affilié au Cégep de Rimouski, n'a pas été en mesure de donner la formation depuis quatre ans, faute de candidats.
«Les jeunes se font très, très rares, avoue Julie Lessard, responsable du programme pour le Centre matapédien d'études collégiales. Dans l'ensemble, la plupart de nos candidats sont des personnes en réorientation de carrière.»
La raison de cette pénurie de candidats s'explique, selon Julie Lessard, par la mauvaise image que se fait la population de ce secteur d'activité. On assiste donc, ici au collégial, à un phénomène similaire à celui qu'on observe au niveau universitaire. Les étudiants favorisent davantage les disciplines plus environnementales au détriment des disciplines plus industrielles.
Techniques du milieu naturel
Pour s'en convaincre, on n'a qu'à aller faire un tour au Cégep de Saint-Félicien qui offre, en exclusivité, la formation en techniques du milieu naturel. Ici, pas de difficulté de recrutement. «Nous acceptons bon an mal une centaine d'étudiants, explique Denise Lessard, conseillère pédagogique au Cégep de Saint-Félicien, et il y a présentement 280 élèves inscrits au programme.»
Ce programme vise à former des techniciens en milieu naturel qui travailleront dans les domaines de l'aménagement et de l'utilisation rationnelle des ressources, tout comme dans la conservation et la mise en valeur du territoire. «Ce programme offre une perspective plus large et plus vaste et il est basé sur le développement durable et la gestion intégrée du territoire et des ressources. C'est une approche et un angle qui permettent de voir l'ensemble des problèmes liés à la gestion du territoire.»
Les étudiants devront donc acquérir des connaissances non seulement en foresterie, mais aussi dans les cinq grands secteurs que sont la flore, la faune, l'eau, le sol et l'air. Trois voies de spécialisation s'offrent au futur technologue: aménagement de la faune, aménagement et interprétation du patrimoine naturel et protection de l'environnement. Ces techniciens sont en demande en région, mais aussi dans les zones urbaines.
Ce programme est dispensé en mode ATE; les étudiants des trois spécialisations doivent réaliser ensemble des cours-projets en développement durable et il existe des passerelles avec le réseau de l'Université du Québec, l'université Laval et l'Université de Moncton.
Technologies en pâtes et papiers
Les étudiants qui s'intéressent au programme des technologies en pâtes et papiers devront fréquenter le Cégep de Trois-Rivières, puisqu'il est le seul à offrir ce programme au Québec. Il vise à former des techniciens qui seront aptes à travailler aux différentes étapes de la production des pâtes, des papiers et des cartons, notamment en contrôle de la qualité et en gestion d'unité de production. Ce programme est aussi dispensé sur le mode ATE.
Rappelons que la région de Trois-Rivières est depuis longtemps fortement associée à l'industrie des pâtes et papiers. «C'est en 1923 que le premier programme de formation au Québec en pâtes et papiers a été créé ici même à Trois-Rivières», précise Nancy Arsenault, agente d'information scolaire au Cégep de Trois-Rivières.
De plus, les étudiants logent sous le même toit depuis 1989 avec la mise en place du Centre spécialisé en pâtes et papiers qui, aujourd'hui, fait partie du nouveau Centre intégré en pâtes et papiers (CIPP) de l'Université du Québec à Trois-Rivières. «Cette intégration donnera à nos étudiants l'occasion de profiter de toutes les installations du CIPP et favorisera certainement la création de passerelles vers des études universitaires pour les étudiants de ce programme.»
Un seul bémol: la difficulté de recruter des candidats. À l'automne 2005, on comptait seulement 21 admissions et le programme en son entier compte environ 40 étudiants. «Nous avons un problème de recrutement, mais il y a aussi trop d'étudiants qui ne complètent pas le programme. Le secteur manque de diplômés et c'est dommage puisque les papetières exigent de plus en plus le DEC lorsqu'elles embauchent.» Une situation qui, si elle n'est pas corrigée, viendra aggraver la présente pénurie de technologues dans le secteur.
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