Dépassements budgétaires de 125 millions - CHUM et CUSM: Québec veut éviter tout dérapage

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Isabelle Paré , Kathleen Lévesque
Édition du mardi 28 février 2006

Mots clés : chum, cusm

Les hôpitaux devront amputer des morceaux de leur projet pour avoir une chance de ne pas dépasser leur budget

Le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) nient que les projets de construction des deux hôpitaux universitaires soient sur la voie de garage en raison d'un dépassement de coûts de 600 millions de dollars. Limité à 125 millions, le dépassement actuel, même s'il oblige les administrateurs «à redoubler d'imagination», n'empêche en rien les projets de suivre leur cours.

Telle est du moins la réponse apportée hier par les directions du CHUM et du CUSM aux informations, publiées samedi dans La Presse, alléguant que la construction des deux grands hôpitaux était en veilleuse en raison d'une explosion des coûts.

Selon Patrick Molinari, président du conseil d'administration du CHUM, les dépassements de 600 millions avancés par le quotidien de la rue Saint-Jacques sont «sans aucun fondement».

«Nous savions qu'un comité se réunissait à Québec la semaine dernière pour en discuter, mais cela est normal compte tenu de la taille des projets. Ce que nous savons, c'est que le dépassement est évalué à 100 à 120 millions pour le CHUM, et que cela est essentiellement dû à l'inflation», a affirmé ce dernier hier. Ces évaluations auraient notamment été faites par la firme de construction Axor.

L'enveloppe budgétaire de 800 millions consentie par Québec en 2003 pour le CHUM, n'a en effet pas été revue, même si l'inflation suit son cours. Parmi les dépassements, affirme M. Molinari, on compterait aussi une facture de 29 millions, attribuable aux études de faisabilité effectuées pour le projet Saint-Denis, une somme que Québec veut imputer au budget du CHUM 2010.

Au cabinet du ministre de la Santé Philippe Couillard, on indiquait hier que l'échéancier de 2010 était toujours valable et qu'il n'y avait rien d'exceptionnel à ce qu'une rencontre interministérielle soit tenue pour discuter de ces projets. Chose certaine, le ministère s'assure seulement de prendre les moyens et le temps nécessaires pour ausculter le projet dans ses menus détails afin d'éviter un dérapage.

Clermont Gignac, directeur exécutif pour la réalisation des hôpitaux universitaires, a confirmé au Devoir que les équipes de CHUM et du CUSM avaient encore beaucoup de travail pour respecter les enveloppes fixes accordées par Québec.

«Les équipes ont jusqu'à avril-mai pour travailler tout ça. Elles travaillent à différentes solutions pour réduire les coûts, et il va falloir être imaginatif», a-t-il expliqué.

Cela pourrait vouloir dire, par exemple, diminuer le nombre de salles de cours, éliminer l'amphithéâtre prévu dans les plans initiaux du CHUM ou encore réduire les superficies, a ajouté M. Gignac. Ce dernier a précisé que cela ne toucherait pas le nombre de chambres prévues dans les plans du CHUM 2010 et du CUSM.

Pour ce qui est de la voie des Partenariats public-privé (PPP), le sort du CHUM et du CUSM en faveur de ce mode de financement est loin d'être scellé, nous indique-t-on. C'est en vertu d'un processus déjà prévu par la loi que le dossier a été transmis récemment à l'Agence des PPP, à qui échoue le mandat d'émettre un avis sur le bien-fondé de réaliser ces projets d'hôpitaux de pair avec l'entreprise privée.

«Cela fait partie du parcours normal que suivent les projets majeurs. Et puis, l'avis de l'agence ne sera pas contraignant pour l'État», a expliqué hier le président du conseil d'administration du CHUM.

C'est plutôt Clermont Gignac, dont le mandat comprend aussi celui d'évaluer l'opportunité d'aller ou non en PPP, qui aurait le fin mot sur la question. Il entend se prononcer à l'automne, quand il aura obtenu et étudié le dossier d'affaires complet de chacun des établissements.

Entre-temps, les projets suivent leur cours, affirment les comités directeurs du CHUM et du CUSM.

Dans un communiqué interne diffusé samedi, Arthur Porter, le directeur général du CUSM soutient que les travaux se déroulent au rythme prévu, notamment les travaux de décontamination de la cour Glen, sur le point d'être achevés avant terme. Un appel d'offres pour le maître ingénieur, le maître-d'oeuvre et le gérant de projet sera publié demain. Le comité des gouverneurs a déjà donné le feu vert, en février, à la construction d'ici à la fin 2006, sans le recours aux PPP, de la phase 1 du projet. Cette phase comprend l'érection d'un centre ambulatoire, l'Hôpital de Montréal pour enfants et une partie de l'Institut de recherche.

Du côté du CHUM, une version finale du plan fonctionnel et technique a été déposée au début du mois de février et un appel d'offres sera bientôt lancé pour retenir la firme de professionnels qui sera le maître-d'oeuvre du projet.

«Si on veut sauver du temps et de l'argent, il faut prendre le temps de bien planifier. L'idée étant d'éviter les surprises», a déclaré M. Gignac.


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