En cas de fusion - Mittal ne taillerait pas dans les effectifs d'Arcelor

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AFP
Édition du mardi 28 février 2006

Mots clés : mittal, arcelor

Chicago -- Le numéro un mondial de l'acier Mittal Steel affirme qu'il n'a pas l'intention de procéder à des coupes claires dans ses effectifs si son offre hostile sur le numéro deux du secteur, l'européen Arcelor, se concrétise.

«Nous avons dit vouloir réduire nos effectifs de 45 000 d'ici 2010 [sur les 155 000 que compte actuellement le groupe dans le monde], mais il s'agit de départs volontaires et de départs en retraite», a assuré Aditya Mittal, directeur financier du groupe et dont la famille détient 88 % du capital. «Nous avons déjà réalisé 10 000 départs en 2005, et à ce rythme là, l'objectif sera atteint d'ici 2010», a-t-il ajouté, lors d'un point avec la presse américaine et européenne destiné à présenter les activités de Mittal Steel aux États-Unis.

Un rapprochement entre Mittal Steel et Arcelor «est sûr du point de vue des emplois», a-t-il dit, sans toutefois donner de précisions chiffrées en cas d'acquisition d'Arcelor par Mittal.

Depuis son offre d'achat hostile le 27 janvier sur le franco-hispano-luxembourgeois Arcelor, pour 18,6 milliards d'euros, Mittal Steel, société de droit néerlandais, fait face à une vague de réactions crispées en Europe, ses détracteurs dénonçant une logique purement financière et l'absence de projet industriel.

Mittal Steel a fait savoir qu'il comptait réaliser un milliard de dollars de synergies avec Arcelor d'ici à la fin 2009 via des économies dans les achats, la fabrication et la commercialisation. Les craintes en Europe portent toutefois sur des coupes dans les effectifs.

Une porte-parole du groupe, Nicola Davidson, a réaffirmé hier l'offre de Mittal était supérieure aux derniers objectifs financiers présentés par Arcelor. «Mittal estime que les opportunités de création de valeur créées par une fusion des deux entreprises sont considérablement supérieures à ce qu'Arcelor peut offrir seul», a-t-elle déclaré.

Arcelor a dévoilé hier des objectifs financiers améliorés pour 2006-2008 destinés à convaincre ses actionnaires de ne pas céder aux propositions de Mittal.

Aditya Mittal -- le fils du p.-d.g. du groupe Lakshmi Mittal -- n'a pas dévoilé lors de la visite à Chicago la teneur de son «projet industriel», en gardant la primeur aux gouvernements européens concernés. «Nous allons jouer notre rôle en leur faisant comprendre quels sont nos plans, puis nous irons consulter les actionnaires» d'Arcelor, a indiqué M. Mittal. «Il est normal qu'une telle proposition suscite des craintes, a-t-il poursuivi, il faut donc expliquer».

La nature hostile de l'offre sur Arcelor a suscité la polémique, surtout en France, Paris demandant que soit présenté un «projet industriel».

«Présenter un projet industriel n'est pas une chose formelle, et lorsque Arcelor a fait une offre sur Dofasco, Arcelor n'a pas été tenu de présenter un projet industriel au gouvernement canadien», a ironisé M. Mittal.

La direction de Mittal présente à Chicago a par ailleurs voulu répondre aux critiques formulées par le patron d'Arcelor Guy Dollé concernant la vétusté de certaines usines du néerlandais, en vantant les performances des activités américaines.

Mittal Steel -- leader aux États-Unis avec environ 30 % du marché dans les aciers plats, sa spécialité -- «domine son marché comme Arcelor le fait en Europe», a déclaré le patron des activités nord-américaines, Lou Schorsch.

«Nous réalisons ainsi un chiffre d'affaires annuel de 589 000 $US par employé, là où Dofasco en est à 375 000», a indiqué M. Schorsch.

Ce dernier a aussi insisté sur l'intégration des employés dans le processus de décision grâce à «une culture du partenariat avec les syndicats». Le syndicat de branche USW -- 16 000 salariés sur les 21 000 employés de Mittal USA -- a apporté son soutien à l'offre sur Arcelor, a souligné M Schorsch.


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