SAQ: la CSN demande à Québec d'élargir le mandat du vérificateur général

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Claude Turcotte
Édition du lundi 27 février 2006

Mots clés : saq

Claudette Carbonneau refuse cependant de demander la démission du président-directeur général de la société d'État, Sylvain Toutant

Pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la décision du ministre des Finances, Michel Audet, de demander au vérificateur général de mener une enquête sur les pratiques commerciales de la Société des alcools du Québec (SAQ) est un pas dans la bonne direction. Claudette Carbonneau, présidente de la CSN pense cependant qu'il faut élargir le mandat donné au vérificateur et elle invite le gouvernement à «se grouiller» pour éviter une détérioration encore plus grande de la confiance de la population envers cette société d'État.

Il a fallu trois semaines de tempêtes avant que le gouvernement ne se décide à demander l'intervention du vérificateur, constate Mme Carbonneau, laissant pratiquement toute la place pour l'émergence d'un débat sur la privatisation de la SAQ, encore que M. Audet répète souvent que le gouvernement procède à une révision de ses sociétés d'État. Jusqu'à preuve du contraire, la présidence de la CSN ne veut pas prêter au gouvernement l'intention de laisser la situation se détériorer dans le but de créer une vague en faveur de la privatisation. De la même façon, elle refuse de demander la démission du président-directeur général de la SAQ, Sylvain Toutant, préférant plutôt laisser le vérificateur général poursuivre son enquête et tirer ses propres conclusions.

Pour l'instant, Mme Carbonneau, qui donnait hier une conférence de presse en compagnie d'Éric Brunet, président par intérim du syndicat SEMB qui représente 3800 employés des magasins et des bureaux de la SAQ, soutient que le mandat confié au vérificateur devrait être élargi pour englober les règles de gouvernance et de gestion.

Révision de la loi

La CSN avance aussi que le gouvernement devrait procéder à une révision de la loi concernant la SAQ pour y inscrire, entre autres choses, des mécanismes contraignant celle-ci à bien s'acquitter de sa mission sociale. Il faudrait par exemple un énoncé de principe qui contiendrait des obligations précises, quant aux méthodes adoptées pour établir les prix des produits achetés et vendus dans les succursales, pour déterminer de façon très transparente les attentes du gouvernement en ce qui concerne les dividendes que la SAQ devrait lui verser, ce qui devrait être présenté de façon très distincte des revenus provenant des taxes.

Les règles de gouvernance devraient contenir des processus internes de contrôle qui répondent aux normes les plus élevées en matière d'éthique, de gestion et de gouvernance. En tout premier lieu, il faudrait des nominations au conseil d'administration et aux comités de vérification de personnes indépendantes et compétentes n'ayant pas été choisies en raison de leurs affinités politiques.

La SAQ a une triple mission, doit celle de générer des revenus pour l'État, celle d'exercer un certain contrôle sur les ventes d'alcool et celle de s'assurer de la qualité des produits, explique Mme Carbonneau qui, d'emblée, rejette le scénario de la privatisation, laquelle ne serait profitable ni aux consommateurs, ni à l'État, ni aux employés. Seules les compagnies qui en feraient l'acquisition en tireraient des bénéfices, comme l'exemple albertain semble le démontrer. De 1992 à 2004, les prix auraient progressé de 21 % au Québec, de 27 % en Ontario et de 39 % en Alberta, où le nombre de produits offerts en magasins aurait diminué et où le salaire horaire des employés a chuté de 36 %. Où est allé l'argent, si ce n'est dans les poches des nouveaux propriétaires?


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