Tollé à Washington - Dubai Ports accepte un examen de son projet d'achat de ports américains
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Washington — Les opérateurs portuaires Dubai Ports World et P&O ont demandé aux autorités américaines de conduire un examen approfondi du projet d’acquisition par Dubai Ports des terminaux de six ports des États-Unis après le tollé suscité à Washington par cette OPA.
Dubai Ports a convenu de verser 6,8 milliards de dollars pour le rachat du groupe britannique P&O, obtenant par ricochet la gestion des ports de New York, Philadelphie, Baltimore, La Nouvelle-Orléans, Miami et du New Jersey.
Mais l'OPA, approuvée par la Commission américaine des investissements étrangers, a pris une tournure politique en début de semaine quand nombre d'élus du Congrès ont vertement critiqué le feu vert du gouvernement Bush à ce rachat en invoquant un risque pour la sécurité nationale.
La société émiratie a accepté vendredi de traiter à part le cas des ports américains, mais a souligné aussi qu'elle entendait mener à terme son acquisition.
Steven Hadley, le conseiller à la sécurité nationale, s'est dit persuadé que le Congrès parviendrait à la même conclusion que la Maison-Blanche, à savoir que cette transaction ne met pas en péril la sécurité du pays.
Signal négatif
Des responsables américains ont souligné que les Émirats arabes unis étaient de solides alliés des États-Unis dans la guerre contre le terrorisme, et qu'ils avaient beaucoup travaillé pour corriger les failles ayant permis l'utilisation des pays du Golfe pour l'organisation logistique et le financement des attentats du 11 septembre 2001.
Des analystes et experts du secteur maritime ont eux aussi estimé que la sécurité du pays n'était pas en jeu au vu de l'historique de Dubai Ports et du caractère très exigeant des traités internationaux.
Le secrétaire américain au Trésor John Snow a prévenu pour sa part qu'un rejet d'une reprise des six ports par une entreprise arabe enverrait un signal négatif pour l'investissement de «certaines parties du monde» aux États-Unis.
Plusieurs représentants des milieux d'affaires et du secteur des entreprises aux États-Unis ont également fait part de leurs craintes de voir le tollé au Congrès ralentir plusieurs projets d'accords de libre échange au Moyen-Orient.
Les États-Unis négocient notamment avec les Émirats arabes unis, leur troisième partenaire commercial dans la région après Israël et l'Arabie saoudite -- depuis mars 2005, et espèrent boucler un accord cette année. Ces négociations s'inscrivent dans le cadre d'une politique plus large visant à créer une zone de libre échange au Moyen-Orient d'ici à 2013.

