Santé publique - Les baby-boomers pourraient faire diminuer l'espérance de vie
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Photo: Jacques Nadeau
Selon un sondage mené pour le compte de la Fondation en décembre dernier, près de 56 % des Québécois issus du baby-boom, croient à tort que leur poids n'a pas d'impact sur leur santé cardiovasculaire. 58 % des Canadiens ont la même perception.
Avec une précision de plus ou moins 4,8 % 19 fois sur 20, ce coup de sonde envoyé en décembre dernier dans 400 foyers du Québec témoigne également de l'optimisme des enfants de l'après-guerre malgré des indicateurs qualifiés d'«inattendus»: 80 % estiment que l'espérance de vie des Canadiens va à l'avenir être semblable à celle d'aujourd'hui (82,4 ans pour les femmes et 77,4 ans pour les hommes) ou va continuer à augmenter.
«Cela n'est pas si sûr, a déclaré hier en entrevue au Devoir le cardiologue George Honos, porte-parole de la FMCC. Les baby-boomers menacent désormais des années de progrès en matière de santé publique et risquent de faire chuter cette espérance de vie. Pour eux, vieillir en santé et de manière indépendante pourrait bien être une chose impossible et ils pourraient bien former la première génération à voir depuis longtemps décliner sa qualité de vie.»
La Fondation sonne donc l'alarme. Obésité et inactivité étant à l'origine de plusieurs maladies cardiovasculaires, mais aussi du diabète et de quelques cancers, l'organisme prévoit en effet une pression importante effectuée par la génération du «flower power» sur le système de santé. Pression accentuée par l'arrivée sur le marché de l'hospitalisation d'une cohorte de boomers en mauvaise condition physique, mais aussi par le départ à la retraite du quart du personnel hospitalier issu de ce même groupe d'âge.
«Cela va être horrible, lance M. Honos. L'écart entre les besoins en soins de santé et la capacité d'y répondre va s'accentuer dans les dix prochaines années, surtout si les tendances actuelles en matière de santé se maintiennent.»
À ce jour, près du quart des baby-boomers canadiens ont consulté un médecin pour une maladie du coeur, un accident vasculaire cérébral (AVC) ou de l'hypertension artérielle, indique la FMCC qui rappelle qu'après l'âge de 60 ans, le taux de ces maladies grimpe de manière marquée dans la population. «Nous savons que 42 % des canadiens dans la soixantaine disent souffrir de [ce type de maladies], explique François Péronnet, professeur du département de kinésiologie de l'Université de Montréal. Les baby-boomers, avec leurs taux d'obésité et de sédentarité, pourraient connaître une situation encore pire.»
Au Québec, le nombre de sexagénaires devrait augmenter de 50 % d'ici à 2016, passant de 737 000 à un million. Même chanson au Canada où 4,2 millions d'individus vont entrer dans cette tranche d'âge d'ici à dix ans, contre 2,8 millions aujourd'hui.
Or, si 76 % de ces aînés en devenir se disent inquiets de la capacité du système de santé canadien d'offrir des soins aux baby-boomers, très peu sont prêts à en assumer la responsabilité. En fait, selon le sondage de la FMCC, 13 % des répondants épargnés par la maladie admettent être des personnes à risque élevé pour les maladies découlant de l'obésité de l'inertie. Un chiffre de 13 % qui ne vient donc pas alimenter la «spirale descendante en matière de santé cardiovasculaire», ce qui, à terme, pourrait bien se transformer en crise, estime la Fondation.
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Bonne nouvelle - adieu aux baby boomers - par FARID KODSI (farid.kodsi@sympatico.ca)
Le mardi 14 février 2006 13:00

