Prix des vins de la SAQ - Le PQ et l'ADQ demandent une commission parlementaire

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Édition du samedi 28 et du dimanche 29 janvier 2006

Mots clés :

Québec -- Les partis d'opposition à Québec exigent la convocation de la haute direction de la Société des alcools du Québec (SAQ) en commission parlementaire, dès la semaine prochaine, pour qu'elle justifie le maintien artificiel du prix des vins.

«Si la SAQ veut recouvrer la confiance du public, elle doit se montrer transparente et mettre toutes les informations sur la table en commission parlementaire», a dit le porte-parole de l'opposition péquiste en matière de finances, François Legault, en entrevue hier à la Presse canadienne.

M. Legault veut en outre que le président-directeur général de la SAQ, Sylvain Toutant, explique les motifs qui ont amené la société d'État à suggérer à des fournisseurs de ne pas diminuer le prix de leurs vins, malgré la baisse significative du cours de l'euro.

«Des employés ont demandé à des fournisseurs de renoncer à une baisse de 10 % des prix, ce n'est pas rien!», a dénoncé M. Legault, estimant que la directive de négocier de cette façon peu orthodoxe avait été donnée, vraisemblablement, «à un très haut niveau» de la SAQ.

Bien sûr, a ajouté le député de Rousseau, la manoeuvre avait pour objectif de maintenir les prix à un niveau optimal de façon à verser le plus d'argent possible dans les coffres de l'État. «Mais en même temps, cela contrevient à l'autre mission de la SAQ, celle d'offrir aux consommateurs des produits de qualité à de bons prix», a-t-il fait valoir.

Enquête interne

Depuis que l'affaire a éclaté au grand jour, en décembre, la SAQ a ouvert une enquête interne et donné un mandat de vérification à la firme comptable KPMG. De plus, deux des dirigeants de la société d'État, les vice-présidents Laurent Mériaux et Alain Proteau, ont été invités à «prendre congé» durant la période d'examen des faits.

Mais ces mesures ne suffisent pas aux yeux de M. Legault, qui presse le ministre responsable de la SAQ, Michel Audet, d'intervenir en faveur de la tenue d'une commission parlementaire.

«On ne peut pas laisser la SAQ s'occuper seule de ce dossier, c'est trop grave, c'est trop important. Il est temps que le ministre Audet s'implique et s'assure que son groupe parlementaire accepte la tenue d'une commission», a-t-il dit.

Pour une rare fois, l'Action démocratique du Québec (ADQ) partage entièrement le point de vue du Parti québécois. De l'avis du député Marc Picard, les dirigeants de la SAQ doivent prestement «comparaître devant les parlementaires et expliquer leurs agissements».

«Les faits relatés dans les médias font acte de pratiques douteuses à l'égard des fonds publics. Il y a matière à se questionner sérieusement sur les abus de pouvoir que semblent avoir fait les dirigeants de la SAQ», écrit M. Picard à l'intention du président de la commission des Finances publiques, Sam Hamad.

Cependant, le cabinet du ministre Audet a fait savoir en fin d'après-midi hier qu'il préférait attendre le rapport de l'enquête interne de la SAQ avant de décider de la marche à suivre. «Pour l'instant, on attend le rapport. Par la suite, on verra s'il faut pousser les choses plus loin», a commenté Michel Rochette, porte-parole du ministre des Finances.


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