Réforme électorale - D'anciens députés conseillent la prudence aux élus actuels

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

PC
Édition du vendredi 27 janvier 2006

Mots clés :

Québec -- D'anciens députés mettent l'Assemblée nationale en garde contre des changements trop brusques au système électoral.

«Il ne faut pas bouleverser nos traditions électorales séculaires. Il est sage, lorsqu'on envisage des réformes qui affectent les institutions, de prendre en compte la culture politique de la société concernée», a déclaré hier l'ancien député et ministre Jacques Brassard devant la commission qui étudie la réforme électorale.

M. Brassard témoignait à titre de représentant de l'Amicale des anciens parlementaires de l'Assemblée nationale, en compagnie des ex-députés Antoine Drolet, Victor Goldbloom, Jean-Paul Champagne, Denis Hardy, Gérald Harvey, Gérard Gosselin et André Gaulin.

Ces anciens députés ont proposé un système de vote préférentiel, par lequel les électeurs, lors d'un scrutin, numérotent les candidats selon leur ordre de préférence. Il s'agit en fait d'un système de vote semblable à celui utilisé par le Parti québécois dans le cadre de sa course au leadership l'automne dernier.

Ce système est utilisé notamment en Irlande, en Australie et dans l'île de Malte.

Selon les ex-députés, un tel système éviterait les problèmes liés au mode de scrutin à deux tours, au cours duquel les électeurs retournent voter une deuxième fois une semaine après le scrutin afin de départager les deux meilleurs candidats quand aucun n'a obtenu la majorité absolue.

L'Amicale des anciens parlementaires a signalé qu'il y a dissension entre ses membres sur la formule électorale qui devrait être retenue. Beaucoup d'anciens députés admettent que le système actuel de scrutin est imparfait, mais ils ne voudraient pas pour autant le changer.

On signale notamment que la prolifération des petits partis politiques causée par l'implantation d'un système de représentation proportionnelle «rendra difficile l'obtention d'une majorité de sièges du Parlement, permettant ainsi aux petites formations politiques de vendre cher leur adhésion à une coalition gouvernementale».

«Les députés jugent que la stabilité et la cohérence de la gouvernance sont plus importantes que la représentation mathématiquement fidèle des divers partis en lice», a déclaré Jacques Brassard.

Avec une représentation proportionnelle, si aucune formation politique n'obtient la majorité absolue des sièges, celle qui a fait élire le plus de députés sera obligée de négocier avec plusieurs petits partis, donnant à ceux-ci une influence disproportionnée qui ne correspond pas à la volonté des électeurs, a-t-il fait valoir. Un gouvernement pourra se trouver ainsi empêché de gérer la chose publique de façon stable et cohérente.

Mais les ex-députés reconnaissent que le système électoral actuel comporte certaines distorsions qu'il faut chercher à corriger. Ils citent un «exemple extrême», soit les résultats dans la circonscription de Rouyn-Noranda lors du scrutin de 1944. Le député alors élu, un socialiste, n'avait recueilli que 20 % des voix, ses sept adversaires se partageant les 80 % des bulletins restants.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com