Banni du PLC, Beryl Wajsman rêve de succéder à Paul Martin

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Antoine Robitaille
Édition du jeudi 26 janvier 2006

Mots clés : plc

S'il n'est pas candidat, il pourrait appuyer Martin Cauchon

Beryl Wajsman songe à se lancer dans la course à la chefferie du Parti libéral du Canada (PLC). L'ennui, c'est que ce coloré personnage fait partie, avec les anciens ministres Marc-Yvan Côté et Alfonso Gagliano, des 10 personnes qui ont été «bannies à vie» du PLC en novembre, après le dépôt du premier rapport Gomery sur le scandale des commandites. «J'ai mis sur pied un comité exploratoire chargé d'étudier ma candidature», a-t-il confié au Devoir hier.

Selon lui, la fin de l'ère Martin signifie «la fin de l'ère du salissage». Le bannissement, prononcé par celui qui était alors le premier ministre, n'était que «symbolique». Wajsman, véritable adorateur de Pierre Elliott Trudeau, prévoit que, lorsqu'il ira reprendre sa carte du parti, si l'organisation la lui refuse, il arguera qu'un tel geste «viole le droit, reconnu dans la Charte canadienne, à la libre-association». Intarissable sur le sujet, M. Wajsman estime que les méthodes «stalinistes» de Paul Martin n'auront de toute façon plus leur effet une fois que l'homme aura quitté la direction du parti. M. Wajsman était l'adjoint de Joe Morselli. À la commission Gomery, on a appris qu'il avait été congédié en 2001 par le directeur général du PLC-Québec de l'époque, Daniel Dezainde, parce qu'il organisait de sa propre initiative des activités de financement parallèles.

M. Wajsman souhaite un financement populaire pour sa campagne: «Pas d'avion, juste un grand voyage en chemin de fer [sic] de Québec à Windsor pour amasser 100 000 $ au niveau de la rue, par petits dons des gens ordinaires.»

Mais comment lui, considéré comme une «brebis galeuse» -- la ministre de la Famille, Carole Théberge, a dû s'expliquer en Chambre parce qu'elle l'avait rencontré lorsqu'il avait agi comme entremetteur entre un investisseur et elle --, peut-il envisager la direction d'un parti qui l'a banni à vie? «Je vais leur montrer que je survis au salissage, que j'ai réalisé le "Canadian dream". Immigrant, j'ai réussi.» Aussi, s'il se présente, il compte défendre un «libéralisme de justice sociale».

Croit-il pouvoir l'emporter? Non, il sait bien qu'il n'a aucune chance. «Ma victoire sera de pouvoir m'adresser au public canadien. Je veux faire un grand discours.» Selon son interprétation, la prochaine course à la direction du PLC sera la seule «vraie course ouverte depuis 1968» dans cette formation politique. Depuis 1968, on n'a assisté qu'à des couronnements ou à des luttes à deux «inintéressantes». Mais cette fois, fait valoir M. Wajsman, le jeu est vraiment ouvert, «comme lorsque J. J. Green a lancé un mouvement d'appui pour Trudeau» en donnant à ce dernier ses 77 délégués. Et lui, Wajsman, à qui pourrait-il servir de «J. J. Green», éventuellement? Pour l'instant, confie-t-il, ce serait Martin Cauchon, qu'il dit «beaucoup respecter», ou Brian Tobin.


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Les exceptions! - par Marie-France Legault (mfy.legault@videotron.ca)
Le samedi 28 janvier 2006 10:00

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