Ouverture du Forum économique mondial - Davos constate la puissance de la Chine

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AFP
Édition du jeudi 26 janvier 2006

Mots clés : davos

Davos -- Le Forum économique mondial s'est ouvert hier dans la station de ski de Davos, dans l'est de la Suisse, avec un tour d'horizon mitigé de l'économie mondiale et un constat de la montée en puissance de la Chine.

Invitée-vedette de la journée, la chancelière allemande Angela Merkel a profité de sa présence dans le temple du libéralisme pour préconiser un allègement des contraintes politiques et de la bureaucratie, afin de permettre à l'Allemagne «d'assumer ses responsabilités en Europe».

Les économistes présents à Davos ont constaté que le sort de l'économie mondiale était très lié à la croissance de la Chine, qui s'accélère fortement (+9,9 % en 2005, ce qui la place au quatrième rang mondial des économies), et à la consommation américaine, qui ralentit. Ils ont déploré l'incertitude induite par la montée du prix du pétrole, qui s'approche de son record historique de 70,85 $US atteint au mois d'août.

À ce propos, le ministre français des Finances, Thierry Breton, a fait à Davos la promotion du nucléaire français, tout en se montrant rassurant sur la capacité française à gérer la crise pétrolière. «Je crois qu'au cours des années à venir, le nucléaire deviendra de plus en plus important pour la planète [...] et la France souhaite jouer un grand rôle dans ce domaine en raison de sa technologie» avancée, a-t-il ajouté.

Un moteur de l'économie

Pour la Chine, le vice-premier ministre Cheng Peiyan a promis que la richesse par habitant sera doublée d'ici 2010 grâce à un rythme de croissance toujours aussi dynamique.

«Aujourd'hui, la Chine ne pèse certes que 5 % du PIB mondial, mais contribue pour plus de 20 % à la croissance de ce PIB», a constaté Min Zhu, vice-président de la banque privée Bank of China. «Cela signifie que les États-Unis et le Japon ne sont plus les seuls moteurs de l'économie.»

Mais selon Stephen Roach, chef économiste chez Morgan Stanley, cette croissance record doit «davantage reposer sur la demande nationale», de manière à compenser le choc que produirait un ralentissement de la consommation aux États-Unis.

L'économie a besoin de «plus de consommation et moins d'épargne en Chine, et moins de consommation et plus d'épargne aux États-Unis», a résumé Laura Tyson, de la London Business School.

Ainsi investie de responsabilités accrues, la Chine a tenté de rassurer les investisseurs présents à Davos sur sa volonté d'intégrer l'économie mondiale en douceur. Jusqu'ici les Chinois, par peur de l'avenir, ne dépensent pas suffisamment, a reconnu Cheng Siwei, vice-président de l'Assemblée nationale populaire (ANP, parlement chinois). Mais malgré l'emballement de son économie, Pékin rechigne toujours à réévaluer sa monnaie. «Le yuan sera totalement convertible... à l'avenir», s'est contenté de déclarer Cheng Siwei.

Le monde du sport s'est aussi invité au Forum, avec un déjeuner réunissant Jacques Rogge, président du Comité international olympique (CIO), Joseph Blatter, président de la Fédération internationale de football (FIFA) et Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU. Le sport est «un outil dans notre travail pour atteindre les objectifs de développement du Millénaire [réduction de la pauvreté et de la faim dans le monde d'ici 2015]», a déclaré M. Annan. M. Rogge a souligné que les Jeux généraient des ressources financières réinvesties ensuite en partie, jouant ainsi «un rôle dans la responsabilité sociale».


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