Même Dion serait de la course

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Hélène Buzzetti
Édition du mercredi 25 janvier 2006

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Les successeurs possibles de Paul Martin s'accumulent

Ottawa -- La course au leadership est à peine mise en branle par le Parti libéral que déjà les candidatures potentielles s'accumulent. La dernière en date: celle de Stéphane Dion, réélu lundi soir dans sa circonscription de Saint-Laurent-Cartierville. Le ministre sortant de l'Environnement et le père de la loi sur la clarté songe à se présenter à la succession de Paul Martin.

«Personne ne l'écarte vraiment. Tout le monde va se demander: suis-je papabile et pourquoi je le ferais? Que pourrais-je apporter? Ce n'est pas rien d'être chef du Parti libéral du Canada. Il faut réfléchir à tout cela à tête reposée et ce n'est pas le lendemain d'une élection que ça va se déterminer», a expliqué Stéphane Dion au cours d'un entretien téléphonique.

Interrogé sur son intérêt à se lancer dans la course, il répond: «Potentiellement, si j'en ai le potentiel.» Mais il enchaîne rapidement avec ce qu'il considère comme les trois critères nécessaires pour être un bon chef, preuve qu'il s'est penché sur la question. «Ça prend d'abord une vision pour le pays, pas des pontifs creux comme on en entend souvent avec des langues de bois.» Il faut ensuite, selon M. Dion, être rassembleur et bon communicateur.

À titre de ministre de l'Environnement, M. Dion s'est attiré beaucoup de sympathie au sein du parti pour avoir fait du Sommet de Montréal sur le climat un succès international. «Il est très populaire au Canada anglais. Au Québec, son accomplissement en décembre à la conférence de Montréal sur les changements climatiques lui a attiré des appuis, explique un libéral très bien branché sur le parti. Il n'irait pas pour gagner, mais pour apporter un autre point de vue.»

Au Québec, toutefois, Stéphane Dion traîne un bagage jugé négatif par certains. Il a échafaudé le plan B en guise de réponse au mouvement souverainiste québécois et a parrainé dans cette optique la loi fédérale sur la clarté dictant les conditions de sécession du Québec. Impopulaire, M. Dion? Il élude la question. «C'est très superficiel parfois, la popularité des gens. Ça peut fondre comme neige au soleil dès l'instant où on leur demande d'être un peu plus précis sur ce qu'ils comptent faire.» Selon lui, il faut plus que se demander quel candidat «nous ramènera au pouvoir». Il cite d'ailleurs le nouveau premier ministre Stephen Harper à titre d'exemple. «M. Harper a mené un bonne campagne. Ce n'était pas quelqu'un qu'on considérait comme populaire, mais il est arrivé avec sa vision et on s'est dit qu'il avait l'air de quelqu'un qui sait ce qu'il dit et qui a l'air de croire ce qu'il dit. Il a fait une différence.» Spécifiant qu'il n'est pas du tout d'accord avec la vision du chef conservateur, il n'en croit pas moins qu'il «y a une leçon à prendre là».

Une liste qui s'allonge

En mars prochain, l'exécutif national du PLC se rencontrera pour décider de l'échéancier de la succession. Le parti dispose officiellement d'un an à partir de la démission de son chef pour organiser une course à la chefferie. Robert Fragasso, président de l'aile québécoise du PLC, conseillera à cette rencontre que l'élection ait lieu «le plus vite possible».

«Malgré les finances -- qui ne sont pas si mal -- nous devons être vigilants et prêts à reprendre la route électorale à échéance rapprochée», explique M. Fragasso. Lorsqu'on lui rappelle qu'il n'en tient qu'aux députés libéraux de ne pas renverser le gouvernement trop rapidement, M. Fragasso réplique que son parti a toujours été «responsable dans sa façon de voter». «Ce ne serait pas responsable de tenir ce gouvernement en vie pour se trouver confortablement un chef», dit-il.

Paul Martin rencontrera «dans les prochaines heures» son caucus et annoncera à ce moment s'il a l'intention de rester chef de son parti en attendant l'élection de son successeur. Il pourrait décider de céder sa place immédiatement et de laisser un chef intérimaire assumer les fonctions de leader de l'opposition officielle à la Chambre des communes. «M. Martin souhaite passer le flambeau à quelqu'un d'autre à la Chambre des communes», a indiqué Steven MacKinnon, directeur général du parti et conseiller dans la caravane de campagne de M. Martin.

Le nom de Bill Graham, ministre sortant de la Défense nationale, circule comme potentiel chef intérimaire. M. Graham a été réélu dans sa circonscription de Toronto-Centre lundi soir. La présidente défaite du caucus ontarien, Sarmite Bulte, n'a pas voulu s'aventurer sur cette pente. Elle se dit loyale envers Paul Martin jusqu'à son départ.

Jean Chrétien soulagé

Quelques sources interrogées hier ont indiqué que l'ex-chef libéral Jean Chrétien estimait que l'élection de plus de 100 députés à la Chambre des communes faciliterait le recrutement de candidats de prestige pour la course. Et effectivement, les candidatures, non confirmées pour le moment, ne manquent pas.

Les plus connues sont celles de Frank McKenna, ex-premier ministre du Nouveau-Brunswick et actuel ambassadeur à Washington, Michael Ignatieff, le professeur de Harvard qui a plongé dans la politique il y a quelques mois à peine, et l'ancien ministre de la Justice Martin Cauchon. Les noms de Bob Rae, l'ancien premier ministre néo-démocrate de l'Ontario, et de John Manley, ex-ministre sous Jean Chrétien, circulent aussi, tout comme ceux des députés Joe Volpe et Maurizio Bevilacqua. Aucun n'a donné suite aux appels du Devoir hier. Seul M. Ignatieff a fait lundi soir une courte déclaration à la presse torontoise. «Je ne veux pas penser, parler ou discuter de leadership.»

Les Belinda Stronach et Scott Brison sont également pressentis pour participer à la course, eux dont l'appartenance à la famille libérale remonte à quelques mois à peine. Mme Stronach avait brigué la chefferie du nouveau Parti conservateur en 2004 avant de traverser le parquet de la Chambre des communes pour éviter la défaite des libéraux. Quant à M. Brison, il avait rejoint les libéraux après la fusion de son Parti progressiste-conservateur avec l'Alliance canadienne. Les deux tranfuges ont servi comme ministre sous Paul Martin. «Lorsqu'on a été ministre, on ne peut pas du jour au lendemain rester sur l'accotement et regarder la course», explique une source au fait des diverses conversations ayant cours au sein du Parti libéral.

Une autre de ces sources très bien au fait des tractations dans les coulisses du parti déplore quand même la nouveauté de l'allégeance libérale de Belinda Stronach. «Disons que ses racines dans le parti ne sont pas très profondes», dit cette personne.

Au moins une source affiliée à ce qu'on appelle le clan Chrétien a dit souhaiter que la prochaine course en soit une «d'idées, pas de machines. M. Martin n'a rien gagné. Il a fait peur aux gens en gagnant les organisations de comté».


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Dire n'importe quoi??? - par Marie-France Legault (mfy.legault@videotron.ca)
Le jeudi 26 janvier 2006 10:00

Calme tes menstruations - par Yahve Yan
Le mercredi 25 janvier 2006 16:00

Si Dion est de la course!!!!!!!!!!!!! - par Hubert Lavigne (huby@securenet.net)
Le mercredi 25 janvier 2006 10:00

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