Le froid qui sévit en Europe exacerbe la crise du gaz
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Photo: Agence Reuters
«La situation russo-ukrainienne a ébranlé l'édifice énergétique européen. La géopolitique de l'énergie est devenue très importante» a déclaré Malcolm Wicks, le ministre britannique de l'Énergie.
Le géant gazier russe Gazprom a dit expédier plus de gaz vers l'Europe via le territoire de la Biélorussie pour compenser les pertes dans le transit via l'Ukraine. Gazprom rend l'Ukraine responsable des livraisons plus faibles que prévu à ses clients européens et reproche à Kiev de prélever, en ces périodes de grand froid, des quantités de gaz plus importantes que ne le prévoient les contrats.
Ce sont surtout les pays du sud de l'Europe, dont les approvisionnements en gaz russe transitent par l'Ukraine, qui se sont plaints de livraisons insuffisantes. L'approvisionnement des clients du nord de l'Europe est resté à peu près normal.
L'Italie, qui a dû faire face à une chute importante de ses livraisons de gaz en provenance de la Russie, prépare un document sur la crise de l'énergie qu'elle entend soumettre à ses partenaires du G7 et de l'Ecofin.
Les Pays-Bas ont continué d'exporter à vannes ouvertes hier, mais ils doivent faire face à des demandes de livraisons supplémentaires de la part de la Grande-Bretagne, elle aussi touchée par la vague de froid depuis le début de la semaine.
«Honorer des demandes supplémentaires ne va pas être chose aisée parce que le réseau [d'export] gazier hollandais fonctionne déjà à pleine capacité», a déclaré un porte-parole de la branche négoce du gazier néerlandais Gasunie. Les importateurs sont tous à la recherche de solutions de rechange. Les utilisateurs industriels qui le pouvaient sont passés du gaz au fioul.
La situation en matière d'approvisionnements variait d'un pays à l'autre hier, la Hongrie faisant état d'une augmentation des livraisons russes, mais l'Italie se plaignant d'une aggravation de l'écart entre l'offre et la demande, avec des livraisons russes inférieures de 8 % à la consommation.
Le groupe énergétique italien Eni a dit avoir acheté deux cargaisons de gaz naturel liquéfié pour faire face à la pénurie de gaz russe. Le président de l'Eni, Paolo Scaroni, a chiffré à 40 millions d'euros le surcoût occasionné pour son groupe.
Les livraisons à destination de la Croatie ont chuté de 7 % dans la nuit de lundi à hier. En Roumanie, l'approvisionnement en gaz de nombreux foyers a été coupé en raison d'une brusque hausse de la demande, et les autorités ont demandé au principal producteur d'électricité du pays d'utiliser du charbon ou du pétrole pour économiser le gaz.
«Les approvisionnements en gaz au point de transit sont inférieurs de 14 à 15 % à ceux prévus dans le contrat», a déclaré Marius Stroia, le directeur de l'agence gazière DNGN.
«Les consommateurs individuels ont commencé à être affectés dans le nord-est [du pays] et à Bucarest», a-t-il ajouté.
Le ministre roumain de l'Économie, Codrit Seres, a déclaré avoir envoyé des courriers à son homologue russe et à Gazexport, la filiale de Gazprom chargée des exportations, leur enjoignant de respecter les termes du contrat.

