Vache folle: le nouveau cas n'inquiète pas les producteurs

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Fabien Deglise
Édition du mardi 24 janvier 2006

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Le nouveau cas de maladie de la vache folle détectée en Alberta ne semble pas inquiéter les producteurs canadiens et québécois de boeufs qui n'envisagent pas une nouvelle fermeture des frontières américaines dans la foulée de cette découverte. Et le marché des matières premières de Chicago tout comme les autorités américaines ont semblé hier leur donner raison.

Cinq heures après la confirmation par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) du quatrième cas d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) sur le territoire canadien, le prix du boeuf au Chicago Mercantile Exchange est resté inchangé hier pour les contrats à terme d'avril à 94,125 ¢US la livre. Ce prix, sur le marché des matières premières, est d'ailleurs en hausse de 7 % depuis un an.

«C'est un signe encourageant, a commenté en entrevue au Devoir Michel Dessureault, président de la Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ). Aujourd'hui, 30 camions transportant du boeuf du Québec ont traversé la frontière. Et rien ne laisse croire que cela va s'arrêter.»

Selon les premiers résultats de l'enquête, l'animal malade découvert par les autorités sanitaires canadiennes vient de l'Alberta. Son état de santé a été confirmé hier matin par un test réalisé dans un laboratoire de Winnipeg. Âgée de six ans, la bête porte ainsi à quatre le nombre de vaches porteuses de l'ESB recensées à ce jour au Canada. Cette découverte n'est toutefois pas «inattendue», selon l'ACIA, en raison de l'«emplacement géographique et de l'âge de l'animal [qui] sont compatibles avec ceux touchant les trois cas canadiens antérieurement détectés», a expliqué l'Agence par voie de communiqué.

Embargo

La découverte d'un premier cas de vache folle en mai 2003 avait entraîné pendant plus de deux ans l'expulsion du marché américain du boeuf d'origine canadienne. L'embargo a été partiellement levé en juillet dernier. Désormais, les bêtes de moins de 30 mois ainsi que la viande désossée peuvent librement franchir la frontière. Seuls les animaux de plus de 30 mois, plus susceptibles de développer cette maladie, sont encore bannis du territoire étatsunien.

Les règles du jeu ne devraient d'ailleurs pas changer de sitôt, malgré l'apparition de ce nouveau cas, a assuré hier Mike Johanns, secrétaire d'État américain à l'Agriculture. «Je ne prévois pas de changement dans l'état des importations de boeuf et de bétail vivant du Canada aux États-Unis», a-t-il expliqué hier après avoir discuté avec son homologue canadien, Andy Mitchell. «J'ai confiance dans l'innocuité du boeuf comme dans l'efficacité des mesures prises par nous et nos partenaires commerciaux pour protéger la chaîne de distribution alimentaire», a-t-il ajouté dans un communiqué diffusé hier.

Depuis le 18 juillet dernier, près de 211 000 jeunes boeufs canadiens sont montés dans un camion ou un train en direction des États-Unis pour y être engraissés. 311 000 autres bêtes ont pris le même chemin pour finir, elles, dans un abattoir américain, selon les plus récents chiffres du département américain de l'Agriculture (USDA). Le Québec n'a toutefois contribué que faiblement à ces échanges puisque l'industrie du boeuf ici est principalement composée de vaches de réforme. Ces vieilles vaches laitières qui finissent généralement en steak haché n'ont pas leur billet pour les États-Unis faute d'avoir largement plus de 30 mois.

L'ACIA a indiqué hier qu'elle poursuivait son enquête afin de trouver les membres de la famille de cette vache infectée et surtout mieux comprendre ses conditions d'élevage. Selon toute vraisemblance, la nourriture serait à l'origine de ce nouveau cas d'ESB. En effet, avant 1997, les éleveurs faisaient usage de farines animales. Cette pratique a été bannie après avoir été scientifiquement associée au développement de la maladie de la vache folle par les bovins.


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