Le calme revient en Côte-d'Ivoire
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Les «Jeunes Patriotes» crient victoire

Photo: Agence Reuters
Ce nouvel appel est survenu au moment même où le Conseil de sécurité, réuni à New York, a «condamné fermement» les violences. Dans une déclaration, le Conseil de sécurité a menacé de «mesures ciblées» toute personne «s'opposant au processus de paix, notamment en attaquant ou en faisant obstacle au travail de l'ONUCI [ou] des forces françaises».
«Nous venons de remporter une grande victoire. Je vous demande de rentrer chez vous», a lancé hier Blé Goudé aux manifestants, un drapeau ivoirien sur les épaules. «Notre assemblée a été réhabilitée. Pour le désarmement, nous donnons 15 jours à Banny pour qu'il aille présenter devant les députés son programme de gouvernement et un [calendrier] clair sur le désarmement des rebelles», a-t-il ajouté.
Le chef des «Jeunes Patriotes» faisait allusion au communiqué publié par Gbagbo et le premier ministre Charles Konan Banny, dans lequel ils réclament la fin des manifestations et refusent aux médiateurs internationaux le droit de décider du sort de l'Assemblée.
Premier ministre aux pouvoirs élargis et désigné par la communauté internationale, Charles Konan Banny est chargé du désarmement et de l'organisation d'une élection présidentielle.
Le siège de l'ONUCI a été le théâtre d'incidents violents depuis le début des troubles, lundi, mais la plupart des protestataires sont partis dans le calme à la tombée de la nuit. «Ils sont beaucoup moins nombreux maintenant. Il reste environ 300 ou 400 personnes. Il semble que cela se disperse un peu partout. Il n'y a pas de point chaud pour le moment», a déclaré le capitaine Gilles Combarieu, porte-parole militaire de l'ONUCI.
Cet apaisement survient au lendemain de l'appel au calme de Laurent Gbagbo, auparavant resté muet depuis le début de la mobilisation de ses jeunes partisans.
Les «Jeunes Patriotes» réclamaient depuis lundi le retrait des Casques bleus et des soldats français de l'opération Licorne. Ils ont manifesté devant le siège de l'ONUCI à Abidjan et devant d'autres bâtiments de l'ONU à Daloa et San Pedro, dans l'ouest, et Bondoukou, dans l'est. Ils se sont aussi mobilisés devant l'ambassade de France à Abidjan, où des soldats français ont dû faire usage de grenades lacrymogènes.
La nouvelle crise a été déclenchée par la recommandation formulée dimanche par le Groupe de travail international (GTI), chargé de suivre l'application du processus de paix en Côte-d'Ivoire, qui a jugé que le mandat de l'Assemblée nationale, arrivé à terme en décembre, ne devait pas être prorogé.
Pour Gilles Yabi, spécialiste de la Côte-d'Ivoire à l'International Crisis Group, ce mouvement de protestation relève d'«une stratégie politique soigneusement orchestrée qui entend démontrer que le camp présidentiel est toujours en vie et peut encore influencer le processus de paix» en dépit de la nomination de Charles Konan Banny, en décembre.
Faire parler la rue, rappelle-t-il, «a toujours été le principal outil du parti présidentiel», et il l'utilise cette fois-ci pour préserver son pouvoir face au premier ministre aux pouvoirs élargis, soutenu par la communauté internationale.

