Les attaques libérales n'intimident pas Harper

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PC
Édition du jeudi 12 janvier 2006

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Fredericton -- Devant des libéraux qui se démènent pour le dépeindre comme l'incarnation du pire pour le Canada, le chef conservateur, Stephen Harper, a laissé entendre hier que plus ses adversaires en remettent, plus ils s'enfoncent.

À 12 jours du scrutin, le chef conservateur a conservé le ton qu'il a adopté depuis le début de la campagne lorsque vient le temps de donner la réplique. Calme, il dit ne pas faire grand cas des attaques virulentes répétées des libéraux à son endroit, qui l'accusent de vouloir «faire reculer» le pays.

À la traîne dans les sondages, placés devant la possibilité d'une défaite, les libéraux ont lancé, mardi, une série de publicités télé négatives, dont une en français. Sur fond de musique macabre, une voix affirme que M. Harper est «contre l'accord de Kyoto [sur les changements climatiques]», «pour la guerre en Irak», «contre le droit des femmes au libre-choix», «pour la présence de l'armée dans toutes nos villes», «contre les mariages entre conjoints de même sexe», «pour le programme américain de bouclier antimissile» et «contre le bannissement des armes de poing».

Les libéraux n'en sont pas restés là, puisque leur chef, Paul Martin, en a remis lors d'un discours prononcé à Toronto hier.

Fort de son avance et de la victoire qui se profile à l'horizon, le chef conservateur n'a pas paru ébranlé par les attaques, retournant la balle dans le camp adversaire en soulevant des soupçons sur la crédibilité des libéraux.

«Quand on dit quelque chose d'une autre personne, évidemment ça soulève des questions [...] sur les personnes qui montent une telle attaque, a déclaré M. Harper en point de presse. À deux occasions les libéraux nous ont présenté des attaques tout à fait fausses, qui manquent de crédibilité.»

Il est vrai que les conservateurs connaissent la chanson. Lors des élections de juin 2004, les troupes de Paul Martin avaient lancé une attaque similaire en fin de campagne, ce qui leur avait permis de regagner du terrain grugé par le Parti conservateur.

L'entourage de M. Harper prétend cette fois que la tactique ne fonctionnera pas, que les électeurs sauront voir clair dans le jeu libéral. Et, contrairement à l'exercice de 2004, le Parti conservateur dispose d'un programme précisant toutes ses positions sur les questions controversées.

C'est aussi ce que croit le premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord.

«Les Canadiens en ont assez de ces tactiques du Parti libéral, a argué M. Lord, qui participait à un événement aux côtés de M. Harper. C'est désespéré et c'est vraiment déplorable, dans une campagne nationale canadienne, de voir le Parti libéral sortir des attaques comme celles-là quand il y a des discussions beaucoup plus importantes.»

Face à cette tempête libérale qui déferle contre lui, Stephen Harper soutient qu'il ne changera pas de cap, qu'il continuera à «promouvoir [sa] plateforme, à rencontrer des gens et à rallier les forces».

Il va jusqu'à dire que, plus il se positionne comme une solution de rechange au gouvernement en place, plus le Bloc québécois en prend pour son rhume, ce qui devrait plaire aux Canadiens anglais préoccupés par l'unité du pays.

«Le Parti conservateur n'est pas seulement le seul parti capable de former le gouvernement, nous sommes aussi le seul parti capable d'attirer des votes des libéraux et des bloquistes», a-t-il fait valoir.


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