La Chine dévoile un excédent commercial massif

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AFP
Édition du jeudi 12 janvier 2006

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De nouvelles frictions sont à prévoir avec ses partenaires

L'activité bat son plein dans le port de Hong Kong. La Chine a dévoilé hier un excédent commercial massif en 2005 qui devrait provoquer de nouvelles frictions avec ses partenaires commerciaux et des appels plus pressants encore à réévaluer sa monnaie. L'excédent commercial a passé la barre symbolique des 100 milliards $US en 2005 pour s'établir à quelque 102 milliards. Mais surtout, il a plus que triplé par rapport à 2004, où il n'avait été «que» de 32 milliards.

Photo: Agence France-Presse

Pékin -- La Chine a dévoilé hier un excédent commercial massif en 2005 qui devrait provoquer de nouvelles frictions avec ses partenaires commerciaux et des appels plus pressants encore à réévaluer sa monnaie.

D'autant que Pékin vient également d'annoncer que sa richesse nationale augmentait plus vite que prévu en révisant la croissance du PIB 2004: +10,1 % au lieu de 9,5 %.

L'excédent commercial a passé la barre symbolique des 100 milliards $US en 2005, pour s'établir à quelque 102 milliards. Mais surtout, il a plus que triplé par rapport à 2004 où il n'avait été «que» de 32 milliards. Or, à 32 milliards, déjà, les partenaires commerciaux de la Chine avaient critiqué le déséquilibre des échanges, l'attribuant pour beaucoup à la sous-évaluation de la monnaie chinoise.

«La hausse de l'excédent pourrait bien créer des difficultés, en gonflant rapidement les réserves de devises de la Chine, mais aussi en suscitant des pressions extérieures en faveur d'une réforme de la politique des changes», a commenté Huang Yiping, économiste chez Citigroup.

Les Occidentaux, États-Unis en tête, estiment que le yuan est maintenu à un taux exceptionnellement bas, ce qui donne un avantage concurrentiel indu aux exportations chinoises. Ils souhaitent obtenir davantage que l'appréciation du yuan de 2,1 % concédée par Pékin en juillet dernier.

En décembre, les ministres des Finances et les dirigeants des banques centrales des sept pays les plus industrialisés ont ainsi plaidé pour «une plus grande flexibilité» de la monnaie chinoise, estimant que cela «améliorerait le fonctionnement de l'économie mondiale».

À la veille même de la publication des chiffres du commerce chinois, un sénateur américain, Max Baucus, en visite à Pékin, enjoignait la Chine de réduire les déséquilibres, sous peine de se voir imposer des sanctions commerciales, pour lesquelles militent certains de ses pairs.

Les États-Unis, deuxième partenaire commercial de la Chine après l'Union européenne, craignent de voir passer leur déficit avec le géant asiatique de 160 milliards $US en 2004 à 200 milliards en 2005.

Changements

Les douanes chinoises n'ont pas donné de précisions sur la répartition géographique de l'excédent. Elles en ont fourni, en revanche, sur les produits exportés, qui reflètent les changements survenus dans l'économie chinoise ces dernières années, rendus notamment possibles par l'afflux des investissements étrangers.

Pendant longtemps exportatrice de produits à faible valeur ajoutée, la Chine vend aujourd'hui à l'extérieur surtout de l'électromécanique, secteur qui a connu une hausse de 32 % en 2005 et qui compte pour 56 % du total de ses exportations.

Selon le ministère du Commerce, la haute technologie a constitué 28,6 % du total des exportations 2005 (0,7 point de plus qu'en 2004).

Reste que les responsables chinois tirent aussi régulièrement la sonnette d'alarme, affirmant que le pays va se retrouver dans bien des domaines en situation de surcapacité.

Nombre d'analystes estiment que la belle croissance de son économie devrait pousser la Chine à développer son marché intérieur, aujourd'hui atone, au lieu d'être une économie en surinvestissements (équivalents à la moitié du PIB) avec un secteur exportations surdimensionné, mettant le pays à la merci d'éventuels soubresauts étrangers.

Ils soulignent également qu'une réévaluation du yuan bénéficierait au consommateur chinois, rendant plus accessibles les importations.

Les autorités chinoises, pour leur part, répètent qu'elles feront évoluer leur politique de change au rythme qui leur convient et affichent leur volonté de maintenir un yuan «stable» en 2006. Elles sont néanmoins conscientes du problème du déséquilibre commercial. Le mois dernier, le gouverneur de la banque centrale Zhou Xiaochuan annonçait ainsi que des mesures (non spécifiées) allaient être prises pour le réduire.


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