Pérou - Fujimori exclu de la course à la présidence
Mots clés :
Lima -- Le tribunal électoral péruvien a rejeté hier la candidature à l'élection présidentielle d'avril prochain de l'ex-président Alberto Fujimori, actuellement détenu à Santiago dans l'attente d'une décision sur son extradition au Pérou.
Le parti d'Alberto Fujimori, Si Cumple, a fait appel de la décision du tribunal et ce dernier, souverain en la matière, a trois jours pour répondre définitivement. Cependant, Si Cumple a décidé de présenter la députée Martha Chavez, une avocate, à l'élection présidentielle.
«C'est une inscription pour parer à toute éventualité, parce que nous allons continuer à défendre jusqu'au bout la candidature d'Alberto Fujimori», a indiqué Martha Chavez.
D'origine japonaise, Alberto Fujimori a dirigé le Pérou de 1990 à 2000 avant de quitter le pays au milieu d'un scandale de corruption politico-financière et de se réfugier au Japon durant cinq ans.
C'est une cuisante défaite pour cet ex-président, réputé fin calculateur, estiment les analystes, soulignant que M. Fujimori accumule les revers: il ne peut se présenter à la présidence et se trouve en détention à Santiago pour une durée indéterminée, sous la menace d'une extradition afin d'être jugé au Pérou.
Fujimori est détenu à Santiago du Chili depuis le 7 novembre, dans l'attente d'une éventuelle extradition vers le Pérou. La justice péruvienne le réclame pour 10 dossiers de corruption et deux de violations des droits de l'homme. Les accusations vont de la disparition forcée à des meurtres qualifiés, en passant par des tortures et des actes de corruption de fonctionnaire.
Les autorités chiliennes ont refusé toutes les demandes de mise en liberté déposées par les avocats de l'ex-président.
Le tribunal électoral a ratifié les candidatures de 24 candidats à la présidence, dont l'ancien président Alan Garcia, Lourdes Flores, l'ex-président par intérim Valentin Paniagua et l'étoile montante de la politique péruvienne, l'ex-lieutenant colonel Ollanta Humala.

