Le Parlement ukrainien destitue le gouvernement

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AFP , Reuters
Édition du mercredi 11 janvier 2006

Mots clés : destitution

Iouchtchenko estime que cette décision n'est pas constitutionnelle

Viktor Iouchtchenko entend bien conserver le pouvoir jusqu'aux législatives de mars.

Photo: Agence Reuters

Kiev -- La guerre du gaz a débouché hier sur une crise politique en Ukraine, où les députés, protestant contre l'accord conclu avec la Russie, ont voté la destitution du gouvernement, mettant en difficulté le président Viktor Iouchtchenko à l'approche des législatives de mars.

Le président Iouchtchenko a toutefois estimé que cette décision ne lui semblait «pas constitutionnelle» et il envisage de déposer plainte devant la Cour constitutionnelle.

La Cour constitutionnelle est actuellement paralysée. Des juges manquent à l'appel, certains candidats présentés par Iouchtchenko ayant été refusés par le Parlement.

Mykola Poloudenny, conseiller juridique de la présidence, a jugé pour sa part la motion de censure parfaitement légale.

Deux cent cinquante députés (pour une majorité requise de 226 voix) ont voté en faveur de cette résolution qui destitue le gouvernement de Iouri Ekhanourov, mis en place il y a à peine quatre mois.

Outre l'opposition, deux anciens alliés de Viktor Iouchtchenko ont soutenu cette décision: la coalition de Ioulia Timochenko, ex-premier ministre et figure clef de la Révolution orange, et celle du président du Parlement Volodymyr Litvine.

M. Iouchtchenko, en déplacement au Kazakhstan, a mis en doute le caractère constitutionnel de la décision des députés.

«Le temps montrera que cette décision n'est pas constitutionnelle», a-t-il dit à son arrivée dans la capitale kazakhe, précisant qu'il allait consulter ses juristes et ferait davantage de commentaires aujourd'hui. Une porte-parole a ensuite précisé qu'il envisageait de déposer plainte devant la Cour constitutionnelle.

Aux termes de la Constitution, le président ukrainien est contraint d'approuver la décision des députés et de signer un décret en ce sens.

Les parlementaires ont cependant parallèlement chargé le gouvernement Ekhanourov d'exercer ses fonctions par intérim jusqu'à la formation du nouveau gouvernement. Et celle-ci, selon plusieurs experts, pourrait n'intervenir qu'après les législatives prévues le 26 mars.

Mais même si le cabinet Ekhanourov reste en place par intérim, sa destitution formelle annonce déjà la violence de la lutte qui se mènera pour les législatives de mars.

Et c'est un coup dur pour l'équipe au pouvoir qui ambitionne de remporter ces élections afin d'assurer un soutien parlementaire à la politique pro-occidentale du chef de l'État, qui n'arrive actuellement qu'en deuxième ou troisième position dans les sondages.

En prenant leur décision, les députés ukrainiens ont dénoncé l'accord gazier conclu la semaine dernière avec Moscou, estimant qu'il était contraire aux intérêts ukrainiens et aurait de lourdes conséquences pour l'industrie nationale.

Cet accord sur les prix du gaz livré à Kiev avait mis fin à une «guerre» de plusieurs mois qui avait brièvement entraîné une baisse des livraisons de gaz à l'Europe occidentale. Mais il avait été immédiatement critiqué par l'opposition et les ex-alliés de M. Iouchtchenko.

Le gouvernement Ekhanourov avait remplacé en septembre celui de Mme Timochenko, limogée par le président Viktor Iouchtchenko.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com