Un policier québécois est tué en Haïti

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AFP , PC
Édition du mercredi 21 décembre 2005

Mots clés : minustah

Port-au-Prince -- Un policier à la retraite de la Gendarmerie royale du Canada, travaillant au profit de l'ONU pour les élections prochaines, a été tué hier à Port-au-Prince par deux inconnus armés, a annoncé le porte-parole de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (MINUSTAH), Damien Anses-Cardona.

Ce policier, Marc Bourque, un Québécois âgé de 57 ans, était à bord d'un véhicule avec un collègue lorsqu'il a été grièvement atteint par des balles tirées par des inconnus. Il a perdu beaucoup de sang et est décédé dans un hôpital géré par des Casques bleus argentins de la MINUSTAH, a précisé le porte-parole.

Son collègue n'a pas été blessé. Marc Bourque a été victime de tirs alors qu'il se trouvait près d'un point de contrôle tenu par la MINUSTAH, sur la route nationale 1, à proximité du plus grand bidonville de Port-au-Prince, Cité Soleil.

À Ottawa, le premier ministre Paul Martin a vivement condamné le meurtre du policier. «Le Canada condamne cet acte de violence insensé. Nous sommes profondément attristés par la perte d'un compatriote qui a oeuvré de manière exemplaire pour son pays, aussi bien au Canada qu'à l'étranger», a déclaré M. Martin dans un communiqué.

«Décédé sous les balles de tireurs embusqués, M. Bourque se trouvait en Haïti dans le cadre des efforts du Canada visant à promouvoir la bonne gouvernance et la démocratie. Son travail, pendant son séjour, était l'expression des valeurs canadiennes les plus nobles», a ajouté M. Martin.

Ex-membre de la Gendarmerie royale du Canada, où il comptait 35 ans de service, M. Bourque faisait partie d'un contingent de 25 policiers à la retraite envoyés par le Canada en Haïti pour renforcer la MINUSTAH dans la perspective des élections présidentielle et parlementaires prévues le 8 janvier. Leur mission principale est de contribuer à la formation de la police haïtienne.

Le Canada a débloqué 29,5 millions de dollars pour «accompagner» Haïti dans le processus devant mener à des élections libres en Haïti, selon le ministère des Affaires étrangères.

En plus des 25 policiers à la retraite, chargés spécifiquement de la surveillance des élections, le Canada a envoyé en Haïti 100 policiers en activité qui font partie de la MINUSTAH.

Depuis le début de sa mission, en juin 2004, l'ONU déplore la mort de huit militaires et de deux policiers, dont le Canadien tué hier.

En dépit de la présence dans le pays de 7500 militaires et quelque 1900 policiers, venant d'une trentaine de pays, Haïti reste marquée par l'insécurité. Plusieurs quartiers de Port-au-Prince sont aux mains de gangs armés et de multiples enlèvements à des fins de rançon ont été recensés au cours de l'année 2005.


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