Bush vante l'économie américaine

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AFP
Édition du mardi 20 décembre 2005

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Les économistes apportent cependant un bémol à l'optimisme sans faille du président

D'après le président George W. Bush, tout le monde envie l'économie américaine.

Photo: Agence Reuters

Washington -- Le président George W. Bush a affirmé hier que le monde «enviait» l'économie américaine, avec notamment une inflation basse et un marché du travail solide, mais 2006 pourrait toutefois voir la croissance ralentir.

«Nous nous dirigeons vers la nouvelle année avec une économie qui fait l'envie du monde. Nous avons toutes les raisons d'être optimistes sur notre avenir économique», a affirmé M. Bush lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche. «Grâce aux réductions d'impôts et à la limitation des dépenses non liées à la sécurité, notre économie est forte et se renforce», a-t-il souligné.

«En dépit des cyclones et du niveau élevé des prix de l'essence, la croissance au troisième trimestre a atteint 4,3 %. Le nombre d'Américains propriétaires de leur logement est au plus haut, l'inflation est faible, la productivité est élevée et la confiance des consommateurs est en hausse», a-t-il ajouté. Il a également rappelé que l'économie américaine avait créé 215 000 emplois en novembre, et que le taux de chômage, à 5 %, se situe «sous la moyenne des années 1970, 1980 et 1990».

Pour que la tendance se poursuive, George W. Bush a de nouveau plaidé en faveur d'impôts bas et de réductions d'impôts permanentes, s'accompagnant d'une limitation des dépenses publiques.

Un bémol

Les économistes apportent cependant un bémol à l'optimisme sans faille du président américain. Même si la croissance devrait rester soutenue en 2006, elle pourrait ralentir, essentiellement à partir du second semestre.

Outre une santé financière des entreprises et des dépenses des ménages solides, l'activité au premier semestre devrait être artificiellement soutenue par les dépenses destinées à la reconstruction des régions du sud du pays dévastées à la fin de l'été par les cyclones successifs, expliquent les analystes.

Mais 2006 dans son ensemble devrait voir «une modération» de la croissance «après deux ans et demi de taux de 4 %», souligne Robert DiClemente de Citigroup: pour lui, le taux de croissance devrait revenir progressivement revenir vers une fourchette de 3 à 3,25 %.

Entre autres facteurs de ce ralentissement, «la disparition progressive du stimulus de la hausse des prix de l'immobilier», selon Joseph Abate, de Lehman Brothers, qui table sur une croissance de 3,5 % en 2006 après 3,7 % en 2005.

Les hausses de taux successives de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui pourrait faire une pause dans le resserrement monétaire au printemps, devraient avoir raison d'une progression des prix de l'immobilier qui aura encore atteint quelque 13 % en 2005, expliquent les analystes.

Ces derniers tablent sur un retour à une croissance à un chiffre en 2006, voire sur une stabilité, ce qui devrait réduire d'autant les revenus immobiliers des ménages.

Déficits

Parallèlement, les analystes n'ont guère d'espoir que les déficits commercial et courant des États-Unis se réduisent significativement en 2006, alors que la vigueur de la consommation intérieure devrait continuer à soutenir les importations.

Cette situation pourrait peser sur le dollar, estiment-ils. Il pourrait d'autant plus souffrir que la réduction du différentiel de taux d'intérêt entre les deux côtés de l'Atlantique va rendre moins attractifs les placements aux États-Unis.

La Fed pourrait décider d'un statu quo une fois ses taux arrivés à 4,5-5 % (le taux directeur est actuellement à 4,25 %) tandis que la Banque centrale européenne (BCE) a indiqué qu'elle restait prête à relever les siens, après une hausse début décembre à 2,25 %, la première en deux ans et demi.

Même si elle a résisté en 2005 à l'envolée des prix de l'énergie, l'économie américaine n'est pas à l'abri d'un nouveau choc sur le marché du pétrole, rappellent les analystes, soulignant que cela continue à faire planer l'incertitude sur les perspectives d'inflation.


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