Palestine - Une victoire du Hamas aux élections serait problématique pour l'UE

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AFP
Édition du lundi 19 décembre 2005

Mots clés : hamas

De jeunes Palestiniens se précipitent pour serrer la main de militants masqués du Hamas. Hier, le Haut Représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana, a dit qu'il serait difficile pour l'UE d'œuvrer avec l'Autorité palestinienne si le mouvement radical islamiste devait remporter les élections de janvier.

Photo: Agence Reuters

Rafah, Bande de Gaza -- Il sera difficile à l'Union européenne (UE) d'oeuvrer avec l'Autorité palestinienne si le mouvement radical islamiste Hamas devait remporter les élections de janvier, a déclaré hier le Haut Représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana.

M. Solana a tenu ces propos lors d'une visite au terminal de Rafah, à la frontière entre la bande de Gaza et l'Égypte. Il a expliqué que l'UE ne s'opposerait pas à la participation du Hamas aux élections législatives du 25 janvier, mais a mis en garde contre les conséquences d'une arrivée au pouvoir du Hamas qui ne reconnaîtrait pas Israël et ne renoncerait pas à la violence. «Je parle de ce qui arriverait après les élections», a-t-il déclaré à la presse.

«Il sera très difficile après les élections d'avoir à faire à une partie qui, tout en ayant participé aux élections, continue de se conduire comme une force militaire», a-t-il dit.

«Et nous avons clairement affirmé que le processus politique, soutenu par l'UE, ne pouvait soutenir la violence», a-t-il ajouté.

Nabil Abou Roudeina, conseiller à la présidence de l'Autorité palestinienne, a pour sa part affirmé aux journalistes que «personne, au sein de la communauté internationale, aussi bien du côté des Américains que des Européens, n'a demandé que le droit des Palestiniens de participer aux élections du 25 janvier soit remis en cause».

Principal donateur de l'Autorité palestinienne, l'UE est membre du quartette (États-Unis, Russie, ONU, UE) qui parraine la «Feuille de route», dernier plan de paix international pour une solution du conflit israélo-palestinien.

L'UE a placé il y a deux ans le Hamas sur sa liste noire d'organisations terroristes.

Le terminal de Rafah a été remis en service le 26 novembre à la suite d'un accord conclu le 15 novembre sous l'égide de la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice, en visite dans la région.

Ses heures d'ouverture devraient bientôt passer de cinq heures actuellement à huit heures par jour à compter d'aujourd'hui, selon le ministre palestinien des Affaires civiles, Mohammad Dahlane qui accompagnait M. Solana dans sa visite.

«À compter de demain [aujourd'hui], le terminal sera en activité huit heures par jour puis 18 heures par jour à partir du 23 décembre», a indiqué M. Dahlane.

Aux termes de l'accord qui a permis la réouverture du terminal de Rafah, la circulation de Palestiniens dans des convois quotidiens d'autobus reliant la bande de Gaza à la Cisjordanie aurait dû commencer le 15 décembre, mais Israël a gelé les négociations sur ces convois à la suite de l'attentat suicide palestinien de Netanya du 5 décembre qui a fait cinq tués israéliens, outre son auteur.


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