Ariel Sharon hospitalisé

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Reuters
Édition du lundi 19 décembre 2005

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Le premier ministre israélien a subi un accident cérébral mineur

En matinée, le premier ministre israélien Ariel Sharon avait paru en forme à la presse.

Photo: Agence Reuters

Jérusalem -- Victime d'un accident cérébral mineur, Ariel Sharon a été admis en urgence hier dans un hôpital de Jérusalem où il devrait passer la nuit, mais sa vie n'est pas en danger, et son état s'est amélioré.

Le premier ministre israélien, qui s'est lancé à 77 ans dans une nouvelle bataille politique, s'est senti mal à l'issue d'une série d'entretiens et a été conduit à l'hôpital Hadassah du quartier Ein Karem de Jérusalem.

«Je me sens bien», a-t-il dit selon des propos relayés par son entourage. Le chef du gouvernement aurait également plaisanté avec ses médecins en leur disant: «Vous n'êtes pas encore débarrassés de moi!»

En milieu de soirée, le directeur adjoint de l'hôpital Hadassah, Yuval Weiss, annonçait que l'état de santé du premier ministre s'était amélioré et qu'il devrait sans doute sortir de l'hôpital dès ce matin.

L'établissement a précisé que Sharon avait été victime d'un accident cérébral mineur -- un accident vasculaire léger, selon le gouvernement. Il se trouvait alors dans sa voiture et discutait au téléphone avec son fils, Gilad. «Je ne me sens pas bien», lui a-t-il dit. «Papa, va immédiatement à l'hôpital», lui a répondu son fils, à en croire le récit que font plusieurs télévisions de cette conversation.

Le cortège du premier ministre s'est alors précipité à l'hôpital Hadassah, où Sharon a subi un scanner du cerveau. «Il a perdu connaissance sur le trajet de l'hôpital, puis l'a retrouvée», a déclaré un médecin.

Cette perte de connaissance n'aurait duré que quelques minutes, et la prise en charge médicale du premier ministre a permis une amélioration de son état.

Il s'agit néanmoins du premier ennui de santé sérieux dont est victime Sharon, surnommé le «Bulldozer», un homme à la corpulence plutôt importante pour un septuagénaire, mais dont la vie, faite de coups d'éclat tant militaires que politiques, témoigne d'une santé hors du commun.

Après avoir concrétisé de haute lutte son projet d'évacuation de la bande de Gaza, Sharon a entrepris un défi d'envergure qui modifie le paysage politique israélien en quittant le Likoud et en créant un nouveau parti, Kadima (En Avant, en hébreu).

C'est sous ces nouvelles couleurs qu'il briguera un nouveau mandat aux élections législatives anticipées du 28 mars prochain après ses victoires de 2001 et 2003.

Dès l'annonce de son hospitalisation, les messages de sympathie ont afflué. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, lui a souhaité un prompt rétablissement.

Mais dans la bande de Gaza, des rafales ont été tirées en l'air par des activistes scandant «Mort à Sharon». Des militants juifs d'extrême droite, qui le considèrent comme un traître depuis le retrait de Gaza, ont prié pour qu'il ne se remette pas de cet accident.

En cas d'incapacité, c'est le vice-premier ministre, Ehud Olmert, qui assumerait les fonctions de Sharon. «Le fait qu'il soit à l'hôpital ne change rien au fonctionnement du gouvernement», a cependant déclaré sur France Info Avi Pazner, porte-parole du gouvernement, qui a précisé que le premier ministre était «en possession de toutes ces facultés».

Par ailleurs, les militants du Likoud désigneront aujourd'hui leur nouveau président pour succéder à Ariel Sharon, qui a quitté la droite israélienne pour fonder un parti centriste.

L'ancien premier ministre Benjamin Nétanyahou, adversaire résolu du retrait de la bande de Gaza que Sharon a pu mener à bien, est donné favori de ce scrutin. Son principal adversaire devrait être le ministre des Affaires étrangères, Silvan Shalom.


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