Laval - Un forcené abat une jeune policière

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Brian Myles
Édition du jeudi 15 décembre 2005

Mots clés : policier

Valérie Gignac répondait à une plainte pour désordre lorsqu'elle a été tuée

Un homme qui a tué à bout portant une policière de 25 ans, à Laval, s'est rendu hier en début de soirée après avoir tenu les policiers sur un pied d'alerte toute la journée.

L'homme s'était barricadé dans un immeuble à logements, muni d'une arme de gros calibre qui a servi à tuer Valérie Gignac en matinée. La policière lui avait simplement demandé d'ouvrir la porte de son domicile de la 7e Avenue. Elle répondait à une plainte pour désordre portée contre cet homme dont l'identité n'a pas été révélée. Dès qu'elle a frappé chez lui en s'annonçant comme policière, il a ouvert le feu à travers la porte fermée.

La jeune femme s'est écroulée sur le coup; son partenaire l'a traînée de peine et de misère pour la mettre à l'abri. Des témoins ont appelé le 911 à la place du policier désemparé. Mme Gignac a été conduite à l'hôpital Sacré-Coeur, à Montréal. Mais ses blessures étaient si importantes qu'elle n'a pu être sauvée. Une dispute entre locataires serait à l'origine de cette intervention qui a tourné à la tragédie.

«C'est comme si c'était ma fille, elle a 25 ans. À mon âge, je les vois comme mes enfants. C'est bête à dire, mais c'est comme ça», a dit le directeur du Service de police de Laval, Jean-Pierre Gariépy. Valérie Gignac comptait près de quatre années de service au sein de la police de Laval.

Toute l'équipe éprouve de pénibles émotions, a déclaré M. Gariépy. Des collègues de la policière Gignac se sont rendus à l'hôpital Sacré-Coeur pour partager leur peine avec les parents et le conjoint de la victime, qui est un jeune policier «maître de chiens» à Laval. Un psychologue a été mis à la disposition du personnel ébranlé, «parce que les émotions sont extrêmement difficiles à vivre en ce moment», a déclaré M. Gariépy.

L'assassin s'est rendu de son propre gré aux policiers vers 18h45, sans résister à son arrestation. Des informations, non confirmées, laissent entendre qu'il bénéficiait d'une libération conditionnelle. Il devrait comparaître en cour dès aujourd'hui.

Un groupe d'intervention de la Sûreté du Québec (SQ), spécialisé dans les négociations avec les forcenés, a passé la journée à tenter de raisonner l'individu, que des témoins ont décrit comme agité et incohérent. Ils ont éprouvé de la difficulté à établir le premier contact, compte tenu du fait que le tueur ne disposait pas du téléphone dans son logement. Le journaliste Claude Poirier, fort expérimenté dans ce genre de crise, a servi d'intermédiaire.

L'homme en question était connu des policiers, qui s'étaient rendus à son domicile la semaine dernière. Des témoins ont laissé entendre qu'il n'avait pas toute sa tête.

Valérie Gignac est la première femme policier à succomber dans l'exercice de ses fonctions depuis Odette Pinard, assassinée en 1995 alors qu'elle effectuait des tâches de nature administrative dans un poste de quartier de Montréal. Bon an mal an, entre six et huit policiers et agents de la paix meurent dans l'exercice de leurs fonctions au Canada.


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