Le Québec survit grâce à Ottawa, dit Hélène Sherrer
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Québec -- Plutôt que d'évoquer un faux déséquilibre fiscal, les Québécois doivent réaliser qu'ils vivent dans «une province très pauvre», dépendante de la générosité du fédéralisme canadien, a estimé hier l'ex-ministre et candidate libérale dans la région de Québec, Hélène Chalifour Sherrer.
«Les gens ont encore l'impression que la province de Québec est la vache à lait de l'ensemble du Canada. Ce n'est pas le cas. La province de Québec a besoin de la péréquation et de vivre de l'argent de l'Alberta, de l'Ontario et de la Colombie-Britannique, faute de quoi, elle n'arriverait pas», a-t-elle ajouté.
Seule membre du cabinet Martin présente au lancement, la ministre des Affaires intergouvernementales, Lucienne Robillard, a acquiescé aux propos de Mme Chalifour Sherrer.
«Heureusement que le gouvernement du Canada est là pour faire la répartition de la richesse», a-t-elle mentionné.
De même, le déséquilibre fiscal unanimement évoqué par l'Assemblée nationale pour expliquer les difficultés financières de l'État n'est qu'un mythe, pensent les deux femmes.
«J'ai toujours dit que nous ne croyons pas qu'il y ait un déséquilibre fiscal vertical [entre les provinces et Ottawa] dans ce pays. Nous avons un problème horizontal, certaines provinces sont plus riches que d'autres», a dit Mme Robillard.
Et pour corriger ce phénomène et faire progresser les dossiers chers au Québec, le Bloc québécois n'est d'aucune utilité, a renchéri Mme Chalifour Sherrer.
Les députés du Bloc, a-t-elle insisté, «n'ont pas d'entrées» dans les cercles du pouvoir.
«Ou alors ils ne souhaitent pas que cela fonctionne. C'est bien plus facile de dire que le gouvernement fédéral n'est pas utile ici.»
À son avis, l'élection d'un seul candidat libéral dans tout l'est du Québec au scrutin de 2004 a eu indubitablement un impact négatif sur le développement de la grande région de Québec.
«Il y a sept députés bloquistes qui ont promis, aux dernières élections, de représenter les intérêts de la région. Seize mois plus tard, la seule chose qu'ils ont à fêter ces gens-là, ce sont des fermetures. [...] La région de Québec n'a pas eu de champion pour mener de l'avant certains dossiers», a-t-elle affirmé.
Saisissant la balle au bond, la ministre Robillard a rappelé qu'il valait mieux, pour améliorer son sort, siéger au Conseil des ministres plutôt que dans l'opposition. «Il y a beaucoup de décisions qui se prennent à la table du conseil des ministres, a-t-elle dit.

