Des Tutsis accusent l'armée française

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AFP
Édition du samedi 10 et du dimanche 11 décembre 2005

Mots clés : tutsis

Paris -- Des rescapés du génocide de 1994 au Rwanda ont accusé des militaires français d'avoir assisté passivement à des exactions, et même d'avoir assassiné des réfugiés tutsis, des affirmations qui devraient relancer une longue polémique sur le rôle de l'armée française dans ce pays.

La ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a jugé «inadmissible» que les «militaires français puissent être accusés de cette façon».

Le Monde cite des accusations recueillies sur procès-verbal les 22 et 23 novembre, à Kigali, par la juge d'instruction Brigitte Raynaud, du Tribunal aux armées de Paris (TAP), auprès de cinq hommes et une femme, dépositions auxquelles a eu accès l'AFP.

Ces six personnes, membres de la minorité tutsie et âgées de 25 à 39 ans, ont porté plainte contre X pour «complicité de génocide et/ou complicité de crime contre l'humanité» en février devant le TAP.

La plainte vise l'opération militaro-humanitaire Turquoise (2500 hommes, fin juin à fin août 1994), au cours de laquelle l'armée française, sous mandat de l'ONU, avait été chargée de former une zone humanitaire sûre (ZHS) dans le sud-ouest du Rwanda.

«À l'intérieur du camp, les miliciens hutus désignaient aux militaires français les Tutsis, et j'ai vu personnellement une dizaine de Tutsis embarqués dans les hélicoptères, dont les portes étaient toujours ouvertes», a accusé François Bagirubwira, 33 ans, à propos du camp de réfugiés de Murambi. Le génocide a fait près de 800 000 morts, selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsie mais aussi parmi les opposants hutus.

Il appartient désormais au TAP de décider d'ouvrir ou non une information judiciaire, ce qui permettrait à la justice d'être en mesure de pouvoir recouper et étayer ces accusations.

La France a été accusée par l'actuel régime rwandais, dirigé par la minorité tutsie, d'avoir entraîné et armé les auteurs du génocide avant les massacres, et d'avoir facilité ensuite la fuite de certains auteurs du génocide, ce que Paris a toujours nié.

La polémique sur le rôle de la France au Rwanda a été relancée ces derniers jours dans les médias français par la parution d'un livre controversé du journaliste-écrivain Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, qui défend l'attitude de la France et des militaires de Turquoise.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com