L'ONU condamne les propos du président iranien
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Le prix Nobel Mohamed el-Baradeï déconseille la force comme solution au contentieux nucléaire

Photo: Agence Reuters
«Les membres du Conseil de sécurité condamnent les propos concernant Israël et la négation de l'Holocauste» attribués au président iranien, a déclaré l'ambassadeur britannique Emyr Jones Parry, qui préside le Conseil ce mois-ci. «Les membres du Conseil de sécurité réaffirment les droits et obligations de l'État d'Israël en tant que membre à part entière et de longue date des Nations unies», a ajouté Jones Parry.
Les quinze membres du Conseil ont approuvé le communiqué de presse. Il s'agit de la Grande-Bretagne, des États-Unis, de la France, de la Russie, de la Chine, du Danemark, du Bénin, du Brésil, des Philippines, de la Roumanie, de l'Argentine, de la Grèce, du Japon, de la Tanzanie et de l'Algérie, seul pays arabe membre du conseil.
Annan a annulé le mois dernier une visite en Iran parce qu'Ahmadinejad avait affirmé en octobre qu'Israël devait être «rayé de la carte».
Le président iranien, dont les propos étaient cités par l'agence officielle Irna, a exprimé jeudi à La Mecque ses doutes sur l'assassinat de millions de juifs dans les camps nazis. Il a également suggéré aux Européens, Allemands et Autrichiens en tête, de concéder un territoire pour accueillir l'État juif.
Six millions de juifs ont été tués par le régime nazi. Les propos d'Ahmadinejad ont suscité de très vives réactions d'Israël, de l'Allemagne, des États-Unis, de la Russie et de l'Union européenne, notamment.
Solution militaire
Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed el-Baradeï, a rejeté hier, à ce stade, le recours à la force pour contraindre l'Iran à renoncer à toute velléité de se doter d'armes nucléaires, une intention que lui prêtent les États-Unis et Israël. «Je ne pense pas qu'il y ait une solution militaire à ce problème», a déclaré M. el-Baradeï lors d'une conférence de presse à Oslo, à la veille d'y recevoir le prix Nobel de la paix.
«Une solution militaire serait complètement contre-productive», a-t-il ajouté, répétant toutefois que la communauté internationale «perd patience» face aux tergiversations de Téhéran, qui souffle le chaud et le froid sur son programme nucléaire.
L'AIEA et M. El-Baradeï ont conjointement obtenu le prix Nobel. Fondée en 1956 pour promouvoir un usage sans danger de l'énergie nucléaire civile et lutter contre la prolifération, l'AIEA a été très active dans les efforts visant à dissuader la Corée du Nord et l'Iran de se doter de bombes atomiques.
L'Iran assure que son programme nucléaire a une finalité purement énergétique, mais ce pays est sous la menace de voir son dossier renvoyé devant le Conseil de sécurité des Nations unies faute d'une coopération suffisante avec la «troïka» européenne (France, Grande-Bretagne, Allemagne), avec laquelle les négociations sont suspendues depuis août.
Israël et les États-Unis ont, à plusieurs reprises et à mots plus ou moins couverts, agité la menace d'une intervention militaire pour empêcher Téhéran de se doter d'armes nucléaires, ainsi qu'ils le soupçonnent.
M. El-Baradeï a rappelé qu'il devait présenter un nouveau rapport sur l'Iran en mars. «J'espère que d'ici là, les choses auront bougé dans la bonne direction», à savoir une coopération accrue plutôt qu'un renvoi devant le Conseil de sécurité, a-t-il dit. L'Iran a repris la conversion d'uranium, première étape vers l'enrichissement.
Pour lutter contre la prolifération, M. El-Baradeï a appelé les puissances nucléaires, telles les États-Unis, la France ou la Chine, à renoncer à leur arsenal.

